Au Théâtre d’Esch: «Ma belle-mère et moi» de Bruno Druart

Rencontre avec une extorqueuse

veröffentlicht am 01.02.2012

Rencontre avec une extorqueuse

L’auteur français Bruno Druart n’est pas inconnu aux spectateurs du théâtre d’Esch/Alzette. Ses pièces «Ces Dames de bonne compagnie», «La Règle de trois» et «Parfum et suspicions» ont déjà été jouées au théâtre municipal. Quelques jours après la première mondiale à Divonne-les-Bains le 19 janvier dernier, sa nouvelle comédie «Ma Belle-mère et moi» a été présenté à Esch lundi soir.

Une belle-mère avec plus d’un tour dans son sac

Yoann, le secrétaire homosexuel du présentateur de télé en vogue Julien, nettoie l’appartement de son employeur avec l’aspirateur. Julien a passé une soirée passionnante avec une de ses nombreuses conquêtes et dort profondément. Une grande tristesse remplace la bonne humeur du jeune Yoann quand la machine à aspirer les saletés tombe en panne. Même les premiers soins, le bouche-à-tuyau ou un massage de la carcasse ne la font pas «revivre». Il arrive alors quelque chose qui remet la curiosité de Yoann à nouveau en route: Solange sonne à la porte pour rendre visite à Julien.

Comme Julien n’est pas divorcé de Zoé, la fille de Solange, celle-ci est encore sa belle-mère. Solange était hôtesse de l’air et aime dévorer les hommes. Julien se demande ce que fait cette femme qu’il hait de tout son cœur dans son appartement. Pour lui, sa belle-mère est l’unique cause de sa séparation. Solange, qui aime en plus les boissons alcooliques, drogue son gendre avec un somnifère. Elle le fait ensuite croire qu’il a couché avec elle et même que le tout a été filmé. Julien est bouleversé quand il apprend qu’elle veut 150.000 Euros pour que sa popularité ne soit pas mise en cause avec la diffusion du film sur Facebook.

Julien n’accepte pas ce chantage. Arrive alors son épouse Zoé pour lui annoncer une nouvelle qui pourrait changer sa vie, lui qui est encore fasciné par la beauté de sa femme. Solange réussit à endormir une deuxième fois Julien et assomme Yoann. Elle les prend en photos comme étant un couple gay. Est-ce que son plan va réussir cette fois ? Il semble bien, car Julien lui donne un tableau d’une certaine valeur en gage.

Un quatuorbien motivé

Sous la direction de Luq Hamett, les quatre acteurs prennent un réel plaisir à jouer leurs rôles. L’ancien footballeur et gagnant de la coupe du monde avec la France en 1998, Frank Leboeuf, joue du théâtre depuis 2005. En outre de présenter son physique, torse nu, il convainc par son jeu qui comprend la mimique sérieuse – même furieuse face à Solange – de faire le rigolo avec Yoann ou de se présenter en charmeur vis-à-vis de Zoé.

Katia Tchenko est une Solange avec beaucoup de facettes. Elle ne regrette rien dans sa vie de tombeuse d’homme, sauf qu’il ne luireste plus un sou. Ce désastre fait naître en elle une vilaine femme qui est prête à tout pour avoir à nouveau une fortune à dépenser. Christine Lemler est simplement ravissante en Zoé qui adore encore son Julien et qui aimerait tant lereconquérir avec cette photod’une échographie qu’elle veut lui montrer. Reste Nicolas Vitiello qu’on avait déjà vu en 2011 dans «Grossesses nerveuses» dans le rôle d’un mari aux tendances homosexuels. Il est un tourbillon humain qui parle avec son aspirateur, qui veut faire l’amour avec son chef, qui est curieux, qui finit par hériter d’une fortune et qui risque de par cet héritage de se transformer en hétéro.

L’auteur a su à nouveau mélanger astucieusement les gags visuels et parlés. Il ne reste guère derépit pour le spectateur car les blagues défilent très vite. «Ma Belle-mère et moi» est un moment théâtral bien agréable.