LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

La start-up Regiôtels, soutenue par le ministère de l’Économie, a fait le point après un an d’existence à aider les hôtels indépendants

Les hôtels de la capitale se portent plutôt bien, mais le ministère de l’Économie a voulu donner un coup de pouce aux établissements qui se situent un peu plus au nord, notamment dans la région du Mullerthal. Une start-up, Regiôtels, a raflé la mise: un soutien financier du ministère pour accompagner ces hôtels dans leur transformation digitale. Le fondateur et directeur de la jeune pousse, Gregory Tugendhat, a pour objectif de booster le chiffre d’affaires des hôtels. Une douzaine d’établissements du pays ont rejoint les services de la start-up: un en Moselle, quatre récemment dans le nord, et sept dans le Mullerthal, la région spécifiquement visée par le ministère pour y développer le tourisme. «Il y a 23 hôtels au total dans le Mullerthal, mais la demande est là. Il y a un potentiel pour cette région, et si nous montrons que nos hôtels partenaires remplissent leurs chambres grâce à nous, d’autres devraient suivre».

Concrètement, Regiôtels accompagne des hôtels indépendants à se rendre plus visible sur la toile: site internet plus attractif, meilleure visibilité sur les moteurs de recherche, présence sur les réseaux sociaux, partenariats avec des tour-opérateurs, tout est fait pour que les clients aient un accès facilité à ces hôtels. Aujourd’hui, 60% du secteur hôtelier est lié à des réservations réalisées sur internet.

Les clients vont au final dépenser plus en passant par le site en direct

Impossible de concurrencer des plateformes comme Booking qui dépensent jusqu’à 3 milliards d’euros en publicité, mais Gregory Tugendhat a une autre approche: «Quand on choisit une destination, on compare, on cherche, en moyenne les clients visitent 44 sites avant de se décider. Ils passent par des plateformes comme Booking, mais avant d’acheter ils vont en général voir le site de l’hôtel pour avoir plus d’informations. C’est là que nous intervenons, car si le site est attractif, le client fera sa réservation en direct, ce qui est plus intéressant pour l’hôtelier». C’est d’autant plus intéressant car les clients vont au final dépenser plus en passant par le site en direct, 27,80 euros en moyenne, en rajoutant un package dîner ou wellness, qu’en passant par une plateforme comme Booking où les hôteliers paient une forte commission.

Depuis le début de l’année, Regiôtels a permis de générer 255.000 euros de chiffre d’affaires supplémentaire pour ces hôtels, sans compter les 355.000 euros en ce qui concerne le volet commercial. De quoi satisfaire le fondateur: «Je crois qu’en seulement quelques mois, le retour sur investissement est quasi atteint». La start-up reçoit en effet des subsides du ministère, à hauteur de 4,5% du chiffre d’affaires des hôtels partenaires. Ces derniers paient les services de Regiôtels à hauteur de 4,5% du chiffre d’affaires engendré par la vente des nuitées. Un modèle gagnant-gagnant pour Gregory Tugendhat: «Cela représente peu pour un hôtel, comparé à ce que coûterait un employé à temps plein pour le faire, et surtout les résultats sont là. Les hôtels se font mieux connaître et remplissent les chambres. De toute façon, l’hôtel peut résilier nos services à tout moment. C’est vraiment un gros soutien du ministère qui veut développer l’industrie hôtelière dans le pays».