LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Les challenges de l’assurance au coeur de la quatrième édition de l’«Insurance Day»

Evolutions réglementaires, mutation de l’environnement économique et digitalisation: tels sont les sujets évoqués hier à l’occasion du 4ème ACA «Insurance Day» à l’«European Convention Center» du Kirchberg. Après une série d’ateliers, les professionnels du secteur se sont réunis pour une séance académique en présence du ministre des Finances Pierre Gramegna et teintée de revendications. «Malheureusement, tous les ans, traditionnellement, nous sommes amenés à rappeler le tsunami réglementaire européen auquel les assureurs font face», a insisté la présidente de l’Association des Compagnies d‘Assurance, Marie-Hélène Massard. Entre Solvency II entrée en vigueur cette année et la nuée de normes qui se profilent avec la 4ème directive anti-blanchiment, les PRIIPs, IDD et les GDPR, les assureurs luxembourgeois saluent ces évolutions mais «nous appelons à davantage de concertation sur les modalités de mise en oeuvre des calendriers».

Un nouvel arbitrage risque/rendement

Marie-Hélène Massard a également souligné le contexte économique difficile et la pression sur les rendements. «Pour maintenir notre équilibre financier, nous devons trouver d’autres sources de profits qui compensent ceux perdus. Et pour maintenir l’attractivité de l’assurance vie, nous devons faire évoluer nos offres et amener nos clients à prendre conscience qu’un arbitrage risque/rendement différent s’installe».

Quant aux nouvelles technologies, elles ouvrent la porte à une série de défis mais aussi d’opportunités pour le secteur qui pourrait être amené à couvrir des nouveaux risques avec les voitures autonomes par exemple.
Vers des assurances 2.0.

«Toutes les grandes compagnies d’assurance devront sauter dans ce train à grande vitesse, sinon elles se jetteront elles-mêmes hors du marché», a commenté Norbert Becker. Le multi-entrepreneur luxembourgeois et administrateur d’une série de multinationales était l’invité d’honneur de l’ACA et à cet effet, il s’est surtout penché sur les changements en cours et à venir sur le marché de l’assurance. A côté des Fintechs et Insurtechs, le secteur est confronté à l’émergence des «Digital Natives». Cette clientèle a des attentes différentes qui requièrent une certaine adaptation de la part du secteur, tant au niveau des services que des produits.

Autre sujet abordé: le Brexit. «Il est prématuré d’estimer l’impact réel du Brexit sur l’assurance au Luxembourg», a déclaré la présidente de l’ACA. Si d’un côté le Grand-Duché pourrait éprouver des difficultés à accéder à son 5ème marché en termes de collecte d’assurance vie en libre prestation de service, il pourrait en revanche accueillir de nouvelles compagnies d’assurances désireuses de s’implanter dans un pays membre de l’Union européenne. «Londres restera indubitablement un centre financier majeur», a nuancé Norbert Becker. Mais dans un contexte de concurrence accrue entre les différentes places, l’homme d’affaires a appelé à une diminution du taux d’imposition des sociétés.

Le verre à moitié plein

Mais un anniversaire, c’est aussi une célébration festive. L’ACA a profité de ce rendez-vous pour saluer la réforme fiscale et le doublement des plafonds de déductibilité fiscale sur une série de produits d’assurance.

«L’assurance au Luxembourg est un beau succès», a reconnu Marie-Hélène Massard. Quant à Norbert Becker, il a souligné la solidité de cette structure qui réunit 70 entreprises d’assurance vie et non-vie, douze entreprises de réassurance et 37 membres associés. «L’ACA a démontré une véritable propension à un dialogue constructif avec les régulateurs», a soutenu le Luxembourgeois. Forte de 60 ans, l’ACA regarde donc droit vers l’avenir et ne pense pas à la retraite, comme l’a évoqué le sourire aux lèvres l’administrateur-délégué de l’ACA, Marc Hengen. Rendez-vous est d’ores et déjà pris le 23 novembre 2017 pour la 5ème édition de l’ACA «Insurance Day».


www.aca.lu