LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

L’Association Pharmaceutique Luxembourgeoise (APL) compte 49 membres actifs dans ce domaine. L’a.s.b.l. a pour priorités l’accessibilité et la qualité durables des soins pour tous, l’accès à l’innovation ainsi que la transparence et l‘éthique. Sa présidente Mimi De Ruyck fait le point sur le secteur et son avenir.

Comment se porte l’industrie pharmaceutique au Luxembourg?

L’industrie pharmaceutique, en tant qu’acteur responsable dans le domaine de la santé, souhaite garantir un accès sûr et rapide aux nouveaux traitements innovants à tous les patients qui peuvent en bénéficier. Dans ce sens, l’industrie est prête à assumer sa part de responsabilité pour s’engager, ensemble avec les autorités luxembourgeoises, à trouver des solutions pouvant satisfaire les contraintes des autorités ainsi que les besoins croissants des patients et ceci par un système de soins de santé de qualité, viable à long terme.
Quels sont les défis rencontrés par le secteur et comment l’APL se positionne face à cela?
Parmi les défis majeurs des systèmes de santé publique, on retrouve l‘évolution démographique, les maladies cardiovasculaires, les maladies neurodégénératives, le cancer, pour ne citer que celles-ci. Ces éléments contribuent, dans les pays industrialisés, à augmenter la pression budgétaire. Ici, nous souhaitons coopérer avec les autorités pour trouver des solutions durables pour tous les acteurs.

En matière de falsification de médicaments, l’APL est membre de la LMVO, ensemble avec les associations des pharmaciens (SPL & APHL), des hôpitaux (FHL), des grossistes (GGRLPP) et d’autres représentants de l’industrie. Dans ce domaine, nous travaillons en étroite collaboration avec les autorités pour mettre en œuvre une directive européenne instituant un système de traçabilité des médicaments vendus en Europe (y inclus les pays non membres de l’UE). Ce système complexe et coûteux devra être opérationnel le 9 février 2019, ce qui est quasiment demain.

Un autre volet de la sécurité du médicament est la vente par internet. Pour le moment, celle-ci n’est pas encore permise au Luxembourg, mais un projet de loi a été proposé récemment. Nous félicitons les autorités pour ce texte législatif qui vise à sécuriser ce volet du marché du médicament. Ainsi, à l’avenir, toute pharmacie internet devra se doter d’un logo spécial, obtenu auprès du Ministère de la Santé, qui prouvera sa légalité.

Quels sont les priorités pour l’avenir du secteur au Luxembourg?

Assurer que le patient puisse continuer à bénéficier des dernières innovations en matière de traitements en général et de médicaments en particulier.

L’APL souhaiterait contribuer, ensemble avec les autorités luxembourgeoises, à assurer la durabilité d’un système de soins de santé de haut niveau et l’accès sûr et rapide aux nouveaux traitements innovants.

Enfin, l’APL est à l‘écoute des autorités luxembourgeoises pour la promotion du Luxembourg, dans un souci de diversification économique.

Quels sont les atouts du Luxembourg pour cette industrie… et ses faiblesses?

Pour le moment l’accès à l’innovation pour le patient au Luxembourg est parmi les plus intéressants en UE. Le Ministère de la Santé est un partenaire ouvert, ayant ses priorités, mais ne se refermant pas au dialogue. A titre général, le dialogue est possible au Luxembourg, où les „chemins sont courts“.

Cependant et contrairement à d’autres pays tels que la Belgique et l’Allemagne, le dialogue avec l’industrie pharmaceutique innovante peut, de notre point de vue, encore être adapté et développé davantage par les autorités.

Le principal défi sera de maintenir l’accès à l’innovation à ce niveau actuellement très élevé. Pour ceci, la création de confiance sera primordiale.