LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

A la Philharmonie, Bettel et Macron ont montré leur convergence de points de vue devant un public enthousiaste

C’est sous un tonnerre d’applaudissements que le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel et le président français Emmanuel Macron ont été accueillis jeudi en fin d’après-midi devant 2.000 personnes à la Philharmonie. On en oublierait presque qu‘à l’entrée du bâtiment, des dizaines de militants anti-nucléaire réclamaient la fermeture de la centrale de Cattenom, en brandissant des calicots dont un mentionnant: «Hulot a raison».

L’ex-ministre français de l’Ecologie a aussi capté l’attention des citoyens qui ont interrogé les deux chefs de gouvernement. Avec le sourire, Emmanuel Macron s’est défendu d’avoir adopté une mesure écologique dans l’introduction de la limitation à 80 km/h sur les routes nationales françaises. Quant à Xavier Bettel, il a souligné que «le Luxembourg a une taille qui fait que je ne vais pas (pouvoir) mettre des éoliennes partout. J’en mettrais même dans la Pétrusse», a-t-il répondu à une étudiante de l‘École européenne. «J’aimerais bien qu‘à côté du Luxembourg, il y ait un parc d‘énergie renouvelable car le Luxembourg ne croit pas en l‘énergie nucléaire», a insisté le Premier ministre. «On ne doit pas avoir des négociations commerciales avec des pays qui ne respectent pas l’accord de Paris», a de son côté embrayé Emmanuel Macron, sans cacher cette adresse aux États-Unis.

Dans un autre registre, le président français a estimé que «le nationalisme, c’est la guerre». Là aussi, Xavier Bettel lui a emboîté le pas pour évoquer, sans les citer, la Hongrie et la Pologne. «Je pense qu’en Europe, certains pays (...) ont oublié que eux aussi ont fui un jour le régime politique dans lequel ils étaient confrontés et qu’ils sont partis et qu’ils étaient des réfugiés aussi. Même nous au Luxembourg, on n’a pas toujours été le pays riche qu’on est», a lâché Xavier Bettel.

Car si certains citoyens dans la salle étaient entièrement sur la même longueur d’ondes que les deux orateurs, d’autres ont fait part de leurs craintes face aux questions migratoires. Et à Xavier Bettel de répondre que «ces gens ne veulent pas mieux vivre, ils veulent juste survivre».

Après une dernière salve de questions, Xavier Bettel et Emmanuel Macron ont quitté la scène comme ils étaient arrivés: sous des applaudissements nourris. Une séance de selfies improvisée à leur sortie a ravi leurs admirateurs, qui étaient pour le moins chanceux. Les tickets pour assister à cette consultation citoyenne sont partis en moins de deux heures, forçant les organisateurs à migrer l‘événement du Grand Théâtre à la Philharmonie, afin de permettre à 500 autres spectateurs d’assister à ce rendez-vous. Il se poursuit dans une série de pays européens avant un compte-rendu attendu en décembre.