LUXEMBOURG
CLAUDE KARGER

Pedro Lima, le vice-président de la Fédération des Associations Capverdiennes du Luxembourg, salue l‘étude du CEFIS: „Elle permet aux Luxembourgeois de mieux comprendre notre communauté, mais elle permet aussi à notre communauté capverdienne de mieux se connaître elle-même. Je crois qu’elle va aussi permettre de mieux la faire fonctionner“. Lima souhaite lancer une véritable discussion sur les constats établis par le CEFIS. Dans cet ordre d’idées, un rendez-vous était notamment programmé hier avec le CEFIS et l’Ambassade du Cap Vert au Grand-Duché.

Mais il souhaite porter le débat aussi au coeur de la communauté capverdienne représentée notamment par les 21 associations réunies sous l‘égide de la FACVL qui cherche d’ailleurs un local dans la capitale pour pouvoir travailler dans de meilleures conditions. Et ainsi mieux soutenir le travail des différentes associations que la présidence de la Fédération souhaite aussi rapprocher davantage afin qu’elles parlent d’une seule voix pour présenter leurs doléances et revendications.

Beaucoup plus de citoyens à racines capverdiennes que ne renseignent les statistiques

Pedro Lima est convaincu que la communauté capverdienne au Grand-Duché est beaucoup plus importante que ne le laissent supposer les statistiques officielles. Si le Statec recense environ 2.800 ressortissants capverdiens au Luxembourg, Pedro Lima pense qu’il y aurait bien environ 13.000 citoyens dont les racines se trouvent au Cap Vert. Beaucoup se seraient fait naturaliser et apparaissent ainsi dans des statistiques d’autres nationalités.

Lui-même a la double nationalité capverdienne et luxembourgeoise. „J’ai vécu beaucoup plus longtemps au Grand-Duché qu’au Cap Vert“, explique-t-il. C’est en 1972 qu’il a rejoint le Luxembourg avec sa mère et sa fratrie de six. Son père était parti du pays en quête d’un travail en 1963 pour nourrir sa famille. „Il était parmi les premiers Capverdiens à arriver au Luxembourg“, dit Lima. Etabli d’abord à Fameck en Lorraine, où il existe toujours une importante communauté capverdienne, son maçon de père trouva ensuite un poste dans une société de construction au Grand-Duché. Beaucoup auraient fait le même chemin à une époque où les perspectives étaient sombres au Cap Vert, libéré de la colonisation portugaise en 1975.

Aujourd’hui, les perspectives sont bien meilleures, grâce notamment au développement touristique. Mais le Cap Vert a toujours besoin de soutien dans son développement et le Luxembourg est un des principaux partenaires. Et la communauté capverdienne au Grand-Duché y contribue aussi en organisant des événements au bénéfice de leurs compatriotes. 

„Elle permet aux Luxembourgeois de mieux comprendre notre communauté, mais elle permet aussi à notre communauté capverdienne de mieux se connaître elle-même", dit Pedro Lima à propos de l'étude Photo: Editpress/Julien Garroy - Lëtzebuerger Journal
„Elle permet aux Luxembourgeois de mieux comprendre notre communauté, mais elle permet aussi à notre communauté capverdienne de mieux se connaître elle-même", dit Pedro Lima à propos de l'étude Photo: Editpress/Julien Garroy