CATHERINE KURZAWA

La chambre de commerce sino-luxembourgeoise veut continuer à regarder de l’avant

C’est le 31 mai 2013 qu’a vu le jour la chambre de commerce sino-luxembourgeoise ChinaLux. Cinq ans plus tard, la structure compte sept fois plus de membres qu’à sa création, soit 140. Ils se réuniront ce soir à la Chambre de Commerce pour un cocktail d’anniversaire.

«On regarde toujours en avant», explique au «Journal» son président, Dirk Dewitte. Il se souvient néanmoins «avec beaucoup de nostalgie» des thématiques abordées lors des premiers évènements de ChinaLux comme l’internationalisation du renminbi, devenue aujourd’hui réalité. «Aujourd’hui, on parle de finance verte et de fintech quand on pense à la Chine», pointe Dirk Dewitte. Ce changement des priorités s’en ressent naturellement dans les activités de l’a.s.b.l.: «Nous avons un projet d’évènement dédié aux fintech en septembre avec la LHoFT sur les paiements internationaux». Il faut dire qu’en Chine, les cartes de paiement sont supplantées par les fintech telles que «WeChat Pay», une application développée par l’équivalent chinois de WhatsApp. «Le paiement par WeChat Pay est possible aux Galeries Lafayette à Paris mais pas à Luxembourg», déplore Dirk Dewitte qui estime qu’«il faut que cela bouge»: «Même pour nous en tant qu’Européens en Chine, dans certaines zones reculées, les hôtels n’acceptent pas les cartes Visa ou MasterCard mais seulement le paiement via WeChat».

Mais ChinaLux ne se limite pas qu’à la finance. De l’immobilier à la mode en passant par les technologies et les services à l’éducation, les domaines d’activité des membres de l’association se sont diversifiés au fil des années.

«En 2013, Xi Jinping a mentionné pour la première fois l’initiative ,One Belt One Road‘», se souvient Dirk Dewitte. «Ce n’est qu’en 2017 qu’en en a parlé dans la Chambre de Commerce et senti l’importance». Aujourd’hui, ChinaLux travaille de concert avec les ministères de l’Economie, des Finances et des Affaires étrangères ainsi que la Chambre de Commerce et Luxinnovation. «Nous allons nous rencontrer plus souvent, entre quatre et six fois par an», annonce Dirk Dewitte qui compte «essayer de suivre la même stratégie que le gouvernement chinois et le gouvernement luxembourgeois». Et si celui-ci venait à changer suite aux élections d’octobre? «De mon point de vue, il ne faut pas trop changer l’approche et la stratégie qu’on a suivies jusqu’à présent avec la Chine, les résultats sont là», insiste Dirk Dewitte.

Pour lui, la flexibilité du Luxembourg et la vision à long-terme qu’il offre restent des atouts de taille pour faire affaires avec la Chine. De deux à la création de ChinaLux, le nombre de banques chinoises est passé à sept et une huitième se trouve dans le pipeline. Autant d’arguments pour continuer à regarder de l’avant, encore et toujours.
www.china-lux.lu