LUXEMBOURG
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Assurances: le secteur vie ralentit au premier semestre - Le non vie profite du Brexit

Le secteur des assurances luxembourgeois a ralenti dans sa globalité au second trimestre de l’année selon les derniers chiffres publiés mardi par le Commissariat aux Assurances. Selon l’autorité de surveillance du secteur, toutes branches d’assurances confondues, les primes ont diminué de 16,86% par rapport à la même période de l’exercice précédent. Ceci alors que le début de l‘année s’annonçait encore très prometteur, avec un mouvement à la hausse des primes de 10,11% en glissement annuel au premier trimestre (+4,35% pour les branches vie et 45,71% pour les branches non vie).

Au vu des résultats du second trimestre, sur les six premiers mois de l’exercice 2018, l’encaissement global enregistre à présent un recul de 4,98% avec des primes en diminution de 10,01% en assurance vie et en augmentation de 28,73% dans les branches de l’assurance non vie.

«En assurance-vie la chute de l’encaissement doit être mise en relation avec le fait que le deuxième trimestre de 2017 avait connu une activité d’une ampleur exceptionnelle avec des primes en croissance de près de 30%», explique le Commissariat aux Assurances. Comparé aux deuxièmes trimestres des années 2015 et 2016, celui de 2018 connaîtrait ainsi même une légère progression. La décroissance semestrielle de 10,01% de l’encaissement vie en 2018 serait, elle, imputable exclusivement aux produits en unités de compte dont les primes reculent de 21,55% alors que l’encaissement relatif aux produits à rendements garantis progresse de 24,93%. A noter que, comme déjà relevé dans l’analyse du secteur au premier trimestre, la croissance de l’encaissement des activités à rendements garantis est due avant tout au développement d’une importante activité de produits de protection et non à des opérations d’épargne.

Le total des provisions techniques des assureurs vie s’établirait à 176,55 milliards d’euros à la fin juin 2018, en progression de 6,20% par rapport à la fin juin 2017 et de 2,22% par rapport à la fin mars 2018. «L’augmentation de 3,83 milliards du deuxième trimestre 2018 est imputable à une collecte nette positive à raison de quelque 1,67 milliard, les nouvelles primes dépassant nettement les rachats. Le taux de rachat annualisé est remonté à un niveau de 8,04% des provisions techniques après une baisse passagère au cours du premier trimestre», avance le gardien du marché des assurances.

L’assurance non vie quant à elle, affiche donc une remarquable croissance au premier semestre de l’année, un phénomène dû en grande partie aux retombées du Brexit. Ainsi, onze compagnies ont déjà choisi le Luxembourg comme lieu d’installation suite à la décision du Royaume-Uni de quitter l’Union européenne. D‘autres devraient suivre, avaient signalé les responsables du Commissariat lors de la conférence de presse bilantaire du secteur pour l‘année 2017. Les compagnies britanniques craignent les obstacles d‘accès au marché continental résultant du divorce Grande-Bretagne/UE.

Les assureurs travaillant essentiellement, sinon exclusivement sur le marché luxembourgeois, ont enregistré une croissance de leur encaissement de 10,45% au second trimestre de l‘année.

Les entreprises opérant à l’étranger dans les branches d’assurances non vie hors assurances maritimes voient par contre leur encaissement augmenter de 49,87%. L’assurance maritime pour laquelle seuls les chiffres du premier trimestre sont disponibles et qui serait essentiellement le fait de quelques grandes mutuelles dont l’encaissement reflète l’évolution des sinistres a pour sa part reculé de 15,83% au cours de cette période.