EUPEN
CATHERINE KURZAWA

Appartenir à la Grande Région peut apporter beaucoup

La Grande Région, c’est la rencontre des langues et cultures latines et germaniques. Comme à l'image de l’un de ses membres, la Communauté germanophone de Belgique qui a un pied dans le monde francophone et un autre dans l’univers germanophone. Entretien avec son ministre-président, Karl-Heinz Lambertz.

Pour la Communauté germanophone de Belgique, qu’est-ce que cela apporte d’être membre de la Grande Région ?
    Karl-Heinz Lambertz Comme nous sommes petits, c’est un endroit extraordinaire pour développer des coopérations les plus diverses dans tous les domaines de compétences. Quand vous êtes autonomes dans certaines matières, quand vous êtes une entité fédérée comme nous le sommes, ça ne veut pas dire que vous pouvez tout faire vous-même. On peut souvent beaucoup mieux réussir en coopérant. Pour nous, le voisinage avec les partenaires au sein de la Grande Région est une source d’abord de contacts, de mises en réseaux mais aussi de projets communs à de nombreux égards.

    Il y a aussi des accords pour les universités. Et vous n’en n’avez pas. Donc c’est intéressant
pour vous...
    Lambertz Le fait qu’on n’ait pas d’université chez nous, cela nous motive tout particulièrement à regarder ce qu’il se passe en matière de formation autour de nous. Et à chaque fois que cela s’améliore par coopération, c’est aussi un avantage important pour nous car ça consolide et améliore les possibilités de formation dans notre voisinage. On est donc assez intéressé par ce qui se fait. Et comme nous avons beaucoup de relations bilatérales avec des universités comme Liège, Luxembourg et Trèves, cela nous intéresse beaucoup. Si ça marche bien avec les universités de la Grande Région, c’est aussi un atout important pour nous.

«On peut ouvent beaucoup mieux réussir en coopérant»

Quels sont les autres avantages dans l’appartenance à la Grande Région?
    Lambertz Potentiellement, cela concerne tous les domaines. Mais certains exemples sont plus parlants car il y a davantage d’activités. En matière de culture, nous avons commencé une collaboration après la désignation de Luxembourg et de la Grande Région à la capitale européenne de la culture. Il y a des conséquences durables. Aujourd’hui encore, une organisation assure le suivi de ces matières et la coopération culturelle de manière très satisfaisante.
    En matière d’emploi et pour toute la Grande Région, le Luxembourg est un centre d’attraction. Et tout ce qui concerne la problématique des transfrontaliers est prioritaire. C’est d’ailleurs dans ce contexte que l’observatoire de l’emploi a été mis en place. Une task force travaille depuis Sarrebruck et couvre toute cette problématique.

Mais encore...
    Lambertz Il y a aussi des activités d’échange comme les activités sportives, les travaux d’échanges culturels, les perspectives pour les groupes locaux d’aller ailleurs ou pour nous d’accueillir des groupes qui viennent d’ailleurs. Il y a également des projets en matière de santé, des collaborations entre hôpitaux, la télémédecine va devenir de plus en plus importante.
    On a fait des coopérations en matière de média. Comme le «Location Guide» de la Grande Région, pour offrir à des producteurs de films des lieux de tournages encore moins connus. Et faire venir une production de film dans une région génère beaucoup de retombées économiques...

Y a-t-il parfois des problèmes dans les rapports entre les entités ?
    Lambertz Le principal problème c’est la différence de nature des partenaires. Vous avez un État indépendant, de l’autre côté un État centralisé avec une région comme la Lorraine et ses départements qui pour beaucoup de décisions que le Luxembourg peut prendre lui-même, doit demander l’autorisation à Paris. Les Belges et les Allemands sont un peu dans une situation intermédiaire car nous avons un système avec beaucoup d’entités fédérées mvais il y a encore des différences de chaque côté et cela rend les choses un peu compliquées.
Il y a aussi la connaissance de la langue du voisin. Idéalement, il faut pouvoir parler sa langue et être sûr que tout le monde comprend. Mais là, pour y arriver, il faut encore faire des efforts même dans un contexte assez simple de deux langues.

En janvier, la Lorraine cèdera la présidence de la Grande Région à la Rhénanie-Palatinat.
    Lambertz Ce sera un nouveau départ à double titre. Car ce Land aura une nouvelle ministre-présidente, Malu Dreyer, et quelques jours plus tard, elle prendra aussi la tête de la Grande Région. Et particularité, elle vient de Trèves, une ville transfrontalière par excellence. •