ESCH-SUR-ALZETTE
CHRISTIAN SPIELMANN

«Tu m’as sauvé la vie» de Sacha Guitry au Théâtre d’Esch-sur-Alzette

Sacha Guitry a écrit la pièce de théâtre «Tu m’as sauvé la vie» en 1949 et l’a porté à l‘écran un an plus tard avec Fernandel dans le rôle de Fortuné Richard et lui-même dans celui du baron de Saint-Rambert. L’acteur et metteur en scène Jean-Laurent Cochet a connu un grand succès en 1989 avec la mise en scène de cette pièce de Guitry qu’il a repris au Théâtre la Pépinière à Paris le 7 juin 2011, jouant lui-même le baron. Mardi soir la troupe a fait escale au théâtre d’Esch-sur-Alzette.

Le baron et le clochard

Le baron de Saint-Rambert a un grand cœur. Cependant, il ne se laisse pas duper par son personnel, le majordome Victor (Denis Souppe) et son épouse Irma (Brigitte Perrier) qui assume les fonctions de femme de chambre. Il espère rencontrer un jour un homme ou une femme digne de sa gratitude et de sa compassion. Il est un peu sourd sur une oreille mais ça lui évite d’entendre les sottises des gens. Au-dessus de son appartement vit la comtesse de Morhange (Anne-Marie Mailfer) qui ferait tout pour l‘épouser. Un jour, le baron a un accident de voiture. Il s’avère qu’un clochard lui a sauvé la vie. Peloté par la marquise de Pralognan (Catherine Griffoni), son infirmière personnelle, il veut faire la connaissance de ce brave homme qui s’appelle Fortuné Richard (Jean-Pierre Castaldi). Tout de suite il prend ce gars dans son cœur et l’installe dans une de ses chambres. Enfin, il semble avoir trouvé cet homme qui mérite sa compassion, un fait qui ne fait pas que des heureux.

Deux acteurs de renom

Le problème avec cette pièce n’est pas la distribution. Cochet et Castaldi jouent leurs rôles avec beaucoup de routine, sans cependant exciter à fond le public. Une heure trente de dialogues, certes intelligents, avec quelques blagues subtiles, déferlent sur le spectateur, sans aucun gag visuel, à part peut-être celui où le baron parle par téléphone au commissaire (Pierre Chaillet), lui aussi sourd sur une oreille et assis à côté de lui. Les acteurs sont soit debout, soit se baladent dans l’appartement ou répondent à la sonnette de la porte. Tout cette statique sur la scène fait que des lourdeurs et longueurs prennent le dessus. Un coup avec le plumeau aurait fait du bien à cette pièce.