DUDELANGE/LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

De 83 en 1988, le Centre de soins pour la faune sauvage de Dudelange accueille désormais 2.500 à 3.000 animaux par an

Situé au sein du Parc Le’h de Dudelange, le Centre de soins pour la faune sauvage accueille des animaux venus de tout leur pays. Qu’ils aient été trouvés par des promeneurs ou des automobilistes, ils sont soignés pour ensuite être remis dans la nature. Mais le cadre législatif actuel fait que certaines espèces ne peuvent pas l’être. Elles sont alors envoyées dans des parcs animaliers et passent de la vie sauvage à celle en captivité. Son directeur Raf Stassen nous détaille cela.

Constatez-vous une croissance du nombre d’espèces invasives accueillies dans votre centre ces dernières années?

RAF STASSEN Pour les ratons-laveurs, la quantité d’animaux accueillis au Centre de soins fluctue entre dix et quinze par an. Certaines années, nous n’avons plus pris plus de ratons-laveurs à cause d’un manque de capacité interne pour les accueillir. Je suis d’avis que chacun doit prendre ses responsabilités pour limiter le plus possible l’expansion des espèces invasives.

Quelles sont selon vous les origines de ce phénomène?

STASSEN Dans un monde globalisé, le transport d’animaux d’un continent à un autre, d’un écosystème à un écosystème complètement différent est inévitable. Parfois, il s’agit des animaux qui sont introduits par accident, parfois à propos. Deux exemples: les ratons-laveurs au Luxembourg sont surtout des animaux qui viennent des pays voisins, notamment d’Allemagne. A l’époque, on avait des centres d’élevage pour la fourrure des ratons-laveurs. Les animaux échappés ont réussi à s’installer dans la nature et l’espèce a connu une forte expansion dans tout le pays et vers les pays voisins.

Dans le cas des ratons-laveurs, vous les soignez puis cherchez une place pour eux dans des parcs animaliers. Avez-vous un délai précis pour ce placement? Et s’il n’est pas respecté, que devient l’animal?

STASSEN Pour l’instant nous n’avons pas de délai précis parce qu’on a déjà des places réservées pour nos animaux dans un parc animalier. Mais on est très conscient qu’à un moment donné, on ne trouvera pas aussi facilement de place pour eux. Dans ce cas, on fera tout notre possible pour trouver une bonne solution. Comme Centre de soins, les espèces invasives nous posent un conflit entre le bien-être de l’animal et la protection de la biodiversité: si on ne fait rien, ces espèces invasives causent trop de dégâts pour les espèces locales. De l’autre côté, en tant que Centre de soins, nous ne sommes pas un centre d’euthanasie où on va tuer ces animaux. Dans le futur, il faut considérer des alternatives, par exemple la possibilité de relâcher des ratons-laveurs stérilisés dans la nature, qui peuvent occuper des territoires et freiner l’expansion de la population. Ou l’option de créer des endroits sécurisés qui peuvent accueillir ces animaux pour le reste de leur vie dans des conditions qui leur permettent de maintenir le plus possible leur comportement naturel.

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