LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Les récents changements chez Encevo interpellent les parlementaires

Entre l’arrivée de China Southern Power Grid dans son actionnariat et le rachat du groupe Paul Wagner, Encevo a fait parler de lui ces dernières semaines. Ces éléments ont aussi capté l’attention des groupes parlementaires CSV et déi Gréng, qui ont interpellé Etienne Schneider sur le sujet, dans des questions parlementaires dont les réponses ont été diffusées ce lundi.

Avec 24,9% des parts d’Encevo rachetées à Ardian, China Southern Power Grid (CSG) ne dispose pas d’une minorité de blocage, fixée au Luxembourg à 33%. Qui plus est, le ministre de l’Economie a insisté en réponse aux écologistes sur le fait que 74,6% de l’énergéticien est détenu par l’Etat, la Ville de Luxembourg, la SNCI, la BCEE et POST. «CSG a donc un caractère industriel très prononcé et devrait présenter les atouts nécessaires pour pouvoir soutenir Encevo en tant qu’actionnaire dans son développement futur», a-t-il assuré. «Il est en tout état de cause préférable de pouvoir bénéficier des compétences d’un acteur industriel que de voir détenir les actions de Encevo par un acteur financier dont les intérêts sont purement d’ordre pécuniaire et la plupart du temps à court terme».

Et de préciser que l’actionnaire sur le départ, Ardian, «était libre de vendre à une contrepartie de son choix et selon des critères de choix spécifiques à elle». Pour rappel, le groupe français a officialisé le 1er août la vente de ses parts au groupe chinois. Selon l’agence Reuters, il serait question d’un montant de 300 millions d’euros pour cette opération.

Paul Wagner: un risque de concurrence déloyale?

Toujours autour d’Encevo, la question du rachat du groupe Paul Wagner a interpellé la fraction CSV, qui craint un risque de concurrence déloyale. «J’estime que cette crainte est sans fondement puisque la position concurrentielle de Paul Wagner & Fils ne change pas suite à un simple changement d’actionnaire», a répondu Etienne Schneider. Et de préciser que Paul Wagner & Fils «est active dans un secteur parmi les plus concurrentiels de l’économie luxembourgeoise».

Il n’empêche, son rachat par Encevo annonce en juillet place l’énergéticien sur le marché de l’installation dans l’équipement technique du bâtiment au Grand-Duché. Mais pour le ministre de l’Economie, il s’agit de renforcer le troisième pilier de la stratégie du groupe, qui mise «sur le développement de nouvelles activités dans les domaines en relation avec la transition énergétique au-delà des activités actuelles des secteurs artisanaux impliqués».

Et de préciser que ni la dénomination ni l’équipe de direction ne changeront auprès de Paul Wagner & Fils. Certes, le Conseil de la concurrence peut toujours examiner l’opération mais «d’après mes informations, Encevo a analysé toutes les considérations en relation avec le droit de la concurrence avant de conclure l’accord».

Qui plus est, un accord de coopération a été signé fin juin entre la Fédération des Artisans et les responsables du groupe Encevo, destiné à «mettre en commun leur savoir-faire et leur expertise en vue de la promotion et de la commercialisation de solutions innovantes dans les domaines de la transition énergétique», insiste le vice-Premier ministre.

En juillet dernier, le président de la Fédération des Artisans Michel Reckinger déclarait au «Journal» qu’«on ne peut pas être partenaire et concurrent à la fois» au sujet de ce rachat et des conséquences sur les relations entre l’artisanat et l’Etat. «Ça nous dérange fortement, pour ne pas dire plus», avait ajouté son secrétaire général Romain Schmit.