LEUDELANGE
CATHERINE KURZAWA

La Provençale est un incontournable sur le marché des fournisseurs de la restauration

C’est une véritable fourmilière qui grouille dès l’aube à deux pas de la Cloche d’Or. La flotte de 150 camions y démarre ses tournées vers les professionnels des métiers de bouche: restaurateurs, cuisines de collectivité, magasins spécialisés, etc. «Notre chiffre d’affaires est de 5% de “cash & carry” et de 95% de livraisons», résume Jo Studer. L’associé-gérant de La Provençale représente, avec Georges Eischen et Jeff Arendt, la deuxième génération de cette entreprise familiale.

D’une épicerie fine ouverte en 1969 dans le centre de la capitale, La Provençale s’est développée pour devenir cet incontournable fournisseur sur le marché de la restauration. L’entreprise a connu des déménagements, un incendie et des agrandissements. En mars, la société a inauguré sa vinothèque au sein de son grand magasin, et d’ici octobre la dernière partie de sa boucherie sera terminée.

A l’intérieur du magasin, plus de 37.000 références se côtoient. «Il y a eu une internationalisation importante de la cuisine, et cela se ressent dans l’élargissement des gammes», pointe Georges Eischen. De son côté, Jo Studer constate une recrudescence des produits finis. «Aujourd’hui, il y en a qui font de la cuisine par assemblage», souligne l’associé-gérant.

Une production «maison»

Besoin de rapidité, mais aussi manque de main d’oeuvre: la restauration connaît des contraintes, tout comme La Provençale. «Notre plus grosse problématique pour le moment, c’est de trouver du personnel», souligne Jo Studer. Fort de plus de 1.200 salariés, La Provençale a la particularité de réaliser sa propre production «maison». Celle-ci se concentre surtout sur les découpes de viande, les charcuteries mais aussi au rayon poissonnerie.

«Au Luxembourg, il n’y a pas de culture maraîchère», remarque Jo Studer qui admet que «la production de fruits et légumes au Luxembourg a longtemps été négligée et est en train de revivre une deuxième jeunesse». Afin d’aller dans ce sens, un partenariat a été créé avec des producteurs locaux dans le domaine des fruits et légumes mais également de la viande de bœuf Produit du Terroir, de la viande de porc Marque Nationale, des œufs, de la farine, etc.

Dans ce même registre, La Provençale planche sur le projet de développer une filière de volaille. «Un sujet assez compliqué», admet Jo Studer qui se montre toutefois confiant.

La Provençale tire 84% de ses revenus au Luxembourg mais livre aussi dans les pays limitrophes, et exporte même au Nigeria, au Ghana et même en Azerbaïdjan par avion. «Il y a beaucoup de grands chefs dans le monde et ils veulent avoir leurs marchandises», étaye l’associé-gérant.

De l’autre côté, le grossiste voit son assortiment varier au rythme des saisons et des tendances. Des contacts avec les fournisseurs aux foires en passant par les voyages: la découverte de nouveautés ponctue le quotidien des dirigeants de La Provençale. «Le tout n’est pas de trouver un produit mais de le faire fonctionner et de savoir comment le faire fonctionner», insiste Georges Eischen.

Un webshop dans le pipeline

Les contraintes règlementaires comme celles concernant le référencement des allergènes poussent l’entreprise à s’adapter. «Il y a dix ans, notre service qualité c’était deux personnes et aujourd’hui, ils sont huit», confie Georges Eischen.

Les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas mais une chose est certaine: la motivation des associés-gérants est bien présente pour faire perdurer l’aventure entrepreneuriale entamée par leurs pères. La revente? «On n’y pense pas», répond Jo Studer qui ajoute que «pour le moment, on s’amuse comme ça». L’entreprise s’étend à présent sur 70.000 m² de surfaces et continue à regarder en avant. «On veut lancer un webshop dédié aux professionnels à la fin de l’année», annonce Georges Eischen.

www.provencale.lu