LEUDELANGE
CATHERINE KURZAWA

LeasePlan fête ses 30 ans de présence au Luxembourg et dévoile des nouveaux produits

Entouré de clients et prospects, LeasePlan a soufflé jeudi soir ses 30 bougies lors d’une soirée où le l’opérateur de voitures en leasing a dévoilé une nouvelle solution de mobilité axée sur l’électrique. Avec plus de 9.000 véhicules et un millier de clients sur le marché luxembourgeois, LeasePlan revendique 20% de parts de marché soit la deuxième marche du podium en termes de volume. Rencontre avec son «Country Manager» Joel Fernandes et son directeur commercial, Alessandro Tutucci.

Comment LeasePlan est arrivé au Luxembourg?

JOEL FERNANDES LeasePlan a été créé en 1963 aux Pays-Bas et est arrivé au Luxembourg en 1988. On s’est développé sur les grandes flottes et la gestion des parcs automobiles. C’était l’ADN initial, on a fait une extension internationale et accompagné des sociétés qui s’installaient dans différents pays, comme le Luxembourg. Petit à petit, on s’est développé mais le marché luxembourgeois est essentiellement composé d’entreprises de petite et moyenne taille. On a adapté notre organisation commerciale pour offrir des solutions à ces sociétés-là mais également - demain - aux privés.

Quand comptez-vous lancer cette offre de leasing aux privés?

FERNANDES Au second semestre, on aura une offre déployée par plusieurs biais: via nous-même directement, via des solutions digitales et via des partenariats.

Est-ce intéressant pour un privé de prendre une voiture en leasing?

Fernandes On voit très bien les différents avantages du leasing opérationnel. Pour un privé, il ne doit pas immobiliser de l’argent ou entamer sa capacité d’emprunt auprès de la banque, c’est quelque chose qui est très important. En ayant 9.000 véhicules aujourd’hui, on a une puissance d’achat qui est beaucoup plus importante en termes de remise mais aussi sur tout le cycle de vie d’un véhicule car c’est cela qui coûte finalement très cher, l’entretien, l’assistance, l’assurance, avoir un véhicule de remplacement si nécessaire. Et il y a aussi le risque de valeur de revente en fin de vie. Aujourd’hui quand on achète un véhicule neuf, il perd environ 50% de sa valeur en trois ans. A côté de cet aspect financier, où on enlève le risque et on le met du côté du leaser. De l’autre côté, la partie opérationnelle c’est le gain de temps. En cas de panne ou d’accident, il n’y a qu’un seul numéro à composer, le véhicule est repris, on leur donne un véhicule d’attente, et on s’occupe des réparations. On sent bien qu’il y a un avantage économique et au quotidien.

En Belgique, où la fiscalité automobile est très élevée, le leasing aux privés commence à se faire une place. Mais au Luxembourg, les taxes sont nettement moins rebutantes…

ALESSANDRO TUTUCCI Je viens de LeasePlan Italie où le succès du leasing privé est en train d’exploser. Cela a commencé par des dirigeants qui voulaient avoir accès à un leasing opérationnel pour la famille avec une deuxième voiture. Après, il ne faut pas oublier que Luxembourg est un pays fait d’expatriés, ils ont parfois des missions ponctuelles de deux ans et dans ce cas, quoi de mieux qu’un leasing opérationnel?

FERNANDES Certaines sociétés n’octroient pas non plus de véhicule de fonction systématiquement. Pour autant ces personnes ont un salaire et doivent consommer de la mobilité pour se déplacer. D’obtenir une solution économiquement viable et qui opérationnellement ne prend pas de temps, c’est un confort de vie.

Le Luxembourg est en proie à de gros problèmes de mobilité et souvent, la voiture est pointée du doigt. Que répondez-vous à cela en étant à la tête d’une flotte de 9.000 véhicules dans le pays?

FERNANDES C’est vrai, je pense qu’il y a deux aspects: les problématiques d’émissions (polluantes, ndlr) et de congestion. On sait que notre business model change, notamment drivé par le véhicule autonome, connecté, électrique, partagé. On va proposer demain d’autres solutions et aussi avec les véhicules autonomes, l’électrification du parc (électrique, hybride, hydrogène) et finalement être l’acteur qui peut proposer les meilleures mobilités au meilleur coût au meilleur moment.

Quand vous dites que vous voulez proposer d’autres solutions, il y a d’autres exemples que l’électrification?

FERNANDES Déjà proposer la masse de véhicules la plus importante avec les dernières technologies, c’est l’objectif. Mais demain, peut-être que le conducteur voudra un véhicule pour une durée plus courte ou alors un véhicule électrique et des locations ponctuelles selon ses besoins. Donc, on est en train de développer des solutions qui vont de la minute aux années.

TUTUCCI LeasePlan veut participer au changement mais nous ne sommes pas le seul acteur.

FERNANDES On discute avec le gouvernement, la Fedil et plusieurs autres organisations pour voir quelles sont les solutions qu’on peut apporter et comment LeasePlan peut y contribuer.
Avoir une voiture de société, c’est une chose. Mais si elle devient électrique, cela implique d’avoir une prise de recharge…

FERNANDES Notre solution c’est le véhicule (thermique, électrique, hybride) associé à toutes les prestations de service qu’on peut connaître comme l’assurance, l’entretien, etc. et associé à la recharge adaptée. Cela peut être à la maison, au travail ou au public, notamment le réseau Chargy.

Donc ça veut dire que si je vous prends une Tesla en leasing, vous venez m’installer une prise de recharge chez moi le temps du leasing?

FERNANDES Absolument. Ça dépend de la nécessité. Ce qu’on va faire demain, ce n’est pas uniquement de proposer un package complet, c’est de proposer un audit. On va étudier les besoins du client. Prenons le cas d’une société qui a son parking, peut-être qu’avoir des bornes dans ce parking suffit, si les salariés sont sédentaires. Il n’est peut-être pas nécessaire d’en mettre à leur domicile. Ou alors, peut-être qu’il n’y a pas de parking, alors l’accès au public peut intervenir. On va avoir une «key ring» sur une application mobile où on peut retrouver toutes les stations de recherche au niveau Europe, interopérables. Et avec la clé LeasePlan et l’application LeasePlan, tout le monde va pouvoir recharger n’importe où son véhicule électrique. Si le véhicule est une voiture de société, la recharge sera directement facturée à la société, donc il n’aura pas besoin d’avancer de l’argent. Et s’il y a besoin d’en installer à domicile, on installera la bonne borne. Et ces bornes prises de recharge électrique peuvent aller de 500 euros à 2.000 euros à peu près.

Aujourd’hui, les leasers ignorent la valeur de revente des véhicules les plus avant-gardistes comme des Tesla à la fin du leasing. Comment faites-vous pour estimer la valeur de ce type de véhicule en fin de leasing?

FERNANDES Aujourd’hui on revend très bien les véhicules Tesla. Cela dépend des modèles et des kilométrages, par contre on les revend aussi bien en termes de valorisation et de pourcentage de valeur de revente qu’un véhicule identique en thermique. LeasePlan est le premier revendeur de voitures d’occasion en Europe, ce qui nous fait une base statistique énorme. On a créé une marque à part entière - CarNext by LeasePlan - qui est une plateforme web où on met tous les stocks européens dotés des carnets d’entretien en ligne, tout est transparent, 14 jours de satisfait ou remboursé avec un retour gratuit, possibilité de livrer à domicile le véhicule et on va lancer cela aussi au Luxembourg, ça sera juste en face là-bas (du siège de LeasePlan situé à Leudelange, ndlr).

Et ça sera quand?

FERNANDES On lance ça à partir de la rentrée
prochaine.