ANN DE GREEF

Une fois par an, c’est déjà trop. Voilà le slogan de GAIA à l’encontre de la consommation de foie gras dont les ventes gonflent en cette période de fêtes de fin d’année. Le Groupe d’Action dans l’Intérêt des Animaux est une a.s.b.l. présente en Belgique depuis 1992. Connue pour ses actions coup de poing notamment contre le gavage des oies, elle l’est aussi pour être à l’origine d’une alternative au foie gras: le faux gras.

Celui-ci est également en vente dans certains supermarchés au Luxembourg. Il se présente comme un produit festif, bio et abordable. On y trouve de la levure alimentaire, des huiles, de l’amidon de pomme de terre et des épices variées qui forment un produit qui, comme le foie gras, peut se déguster sur des toasts avec ou sans confit. La directrice de GAIA nous explique pourquoi elle souhaite voir le foie gras disparaître des menus de fêtes. 

«Nous défendons le bien-être animal et le gavage, c’est-à-dire nourrir de force des animaux, fait souffrir. Ce n’est pas GAIA qui le dit, mais des scientifiques de la Commission européenne et d’autres de l’Université de Cambridge qui ont publié une étude tout récemment. A la fin de la période de gavage, les canards reçoivent deux fois par jour jusqu’à un kilo de maïs soit un quart de leur masse corporelle. Le foie gonfle et pousse directement contre les poumons. A la fin, les animaux sont haletants et portent des blessures liées au gavage dans leur gorge. Il faut aussi préciser qu’un foie dix fois plus grand que la normale, c’est un foie malade.

On réclame donc une interdiction du gavage dans les cinq pays où ça n’est pas encore le cas, à savoir la Belgique, la France, l’Espagne, la Bulgarie et la Hongrie. Et tant que l’industrie ne cesse pas le gavage, on demande de ne pas en acheter. C’est tout à fait possible de faire du foie gras sans gavage. Vu que l’industrie refuse de mettre une alternative sur le marché, les distributeurs belges nous ont demandé une alternative.

GAIA dénonce le gavage depuis 1993 et nous avons donc développé le faux gras. Il est commercialisé depuis 2011, principalement en Belgique, mais aussi au Luxembourg, en Suisse, et un peu en France. Nous vendons 185.000 boites par an. Tout l’argent récolté est utilisé dans des publicités à la télévision belge. Cela nous autorise à avoir des armes qui sont un peu plus à la hauteur de l’industrie, ça nous donne un peu des ailes pour faire des campagnes d’une autre ampleur.»

www.fauxgras.be