LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

La «House of Training» a signé un accord pour proposer une masse de formations en e-learning

La formation continue est en proie  depuis quelques années à de grands bouleversements puisque le digital prend une place de plus en plus importante. Luc Henzig est directeur de la formation à la «House of Training» de la Chambre de Commerce. Il a dû intégrer de plus en plus de digital dans son offre de formations et de contenu, sans oublier en ligne de mire la qualité des cours et l’intérêt des étudiants. Un équilibre qui est finalement trouvé, entre dose de digital et des cours en présentiel qui restent incontournables, notamment pour les examens finaux.

Comment avez-vous opéré le virage digital à la «House of Training»?

LUC HENZIG Quelque 1,5% de la masse salariale au Luxembourg suit des formations continues dans le cadre de leur activité professionnelle. C’est un enjeu pour la Chambre de Commerce de répondre à ce défi et satisfaire les membres qui attendent des cours de qualité et actualisés. Avec l’avènement du e-learning, la Chambre de Commerce a signé il y a 6 mois un accord avec «France Université Numérique» pour proposer dans un premier temps des contenus de 350 cours. Le but est de proposer des cours en ligne «universels» qui ne sont pas propres à la situation ou l’activité au Luxembourg. Une fois l’apprentissage de base acquis via cette plateforme, nous pouvons proposer en complément des cours pour la mise en pratique ou les spécficités au marché luxembourgeois. Mais sachant qu’un contenu coûte de 50 à 100.000 euros à produire, la Chambre de Commerce n’avait pas les ressources pour produire son propre contenu. C’est une petite révolution qui s’annonce.

Qu’est-ce que le e-learning apporte?

HENZIG Cela permet de choisir son moment pour apprendre, de décider d’où et quand. Le digital offre cette flexibilité, surtout pour ceux qui travaillent et qui n’ont pas forcément le temps d’assister à tous les cours suivant les horaires qui sont imposés. Cela permet également de pouvoir accéder à une formation, même sans la masse critique d’élèves pour pouvoir ouvrir un cours et mobiliser un enseignant. Même si la «House of Training» n’a, en sa qualité de fondation, pas de visée commerciale.

Nous avons opté pour des contenus généraux, avec des matières universelles qui se prêtent particulièrement à l’e-learning. De fait, 80% des cours online sont en français, le reste en anglais. Nous nous adressons aux 68% des salariés qui parlent français au Luxembourg. C’est une réalité du terrain et c’est pour cela que nous nous sommes associés naturellement avec un fournisseur de contenus francophones, pour toucher dans un premier temps une majorité des employés. Nous étofferons l’offre linguistique dans un deuxième temps, surtout vers l’anglais.

Qu’est-ce qui marche le plus en terme de contenus?

HENZIG Pour ce qui est de l’e-learning, les formations en comptabilité et en entrepreneuriat devraient être particulièrement prisées cette année. L’apprentissage de la connaissance et les contenus universels se prêtent bien à l’e-learning, mais la mise en pratique avec des professionnels se fera toujours en présentiel. L’e-learning est un outil complémentaire, car les professeurs peuvent se concentrer sur l’aspect de la mise en pratique de connaissances qui ont été acquises via les formations digitales. Notre principale mission va rester dans le présentiel. C’est également l’opportunité d’échanger avec les autres étudiants, et de créer son propre réseau.

Concrètement, comment va s’opérer la complémentarité du digital et du présentiel?

HENZIG Les cours online seront couplés avec du présentiel, et des examens physiques systématiques en fin de parcours pour finaliser la formation. Nous avons la certification EDX qui est une plateforme de référence en la matière, tous les contrôles y sont déjà intégrés.

Les élèves pourront demander des précisions aux professionnels présents pour la mise en pratique de ce qu’ils auront appris. C’est un aspect que nous ne voulons pas négliger, la transmission d’expérience est très importante, ainsi que le réseau, je le répète. L’employé de bureau pourra suivre ses formations de son ordinateur de travail, pour ceux qui n’ont pas accès à ces outils sur leur lieu de travail, cela peut représenter un challenge. 

 

www.houseoftraining.lu