LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Coup d’œil sur les opportunités d’investissement en 2018

Une reprise économique qui touche le monde entier, des banques centrales encore accommodantes et des résultats d’entreprises solides: l’alignement des astres a fait briller le ciel économique en 2017. Mais nombreux sont les investisseurs à se demander si cette configuration va perdurer en 2018. La réponse est plutôt positive du côté des responsables de l’investissement dans les sociétés de gestion d’actifs.

«Le fait que la croissance ait été de qualité est un gage de durabilité», assure l’économiste en chef d’Orcadia AM, Etienne de Callataÿ. Ce dernier affiche son penchant pour les actions européennes et des pays émergents. Pour celles des Etats-Unis en revanche, «la réforme des impôts pourrait ne pas être aussi positive que cela». Autre recommandation: opter pour des obligations indexées sur l’inflation. «C’est intéressant parce qu’on est sûr d’avoir au moins l’inflation».

Les banques centrales dans le viseur

L’économiste en chef de Schroders, Keith Wade, anticipe de son côté une inflation supérieure aux attentes et une croissance plus forte. Par conséquent, l’analyste table sur trois hausses des taux de la Fed en 2018 mais aucune pour la BCE, où le phénomène est attendu pour 2019.

«En 2018, l’attention des marchés devrait se tourner vers les banques centrales», embraie le responsable adjoint en charge de l’investissement chez SYZ Asset Management, Hartwig Kos. Ce dernier préconise aux investisseurs tentés par les actions américaines de privilégier les petites capitalisations - qu’il estime gagnantes de la réforme fiscale - et les actions bancaires sensibles aux taux d’intérêt. «Je recommande en revanche de faire preuve de prudence à l’égard de titres comme Alphabet, Apple, ou Facebook», avertit-il. «Il leur est de plus en plus difficile de répondre aux attentes des marchés compte-tenu de leur très grande popularité auprès des investisseurs». Hartwig Kos se montre également réservé en ce qui concerne les marchés émergents, dans un contexte de ralentissement attendu en Chine, sous le poids de l’endettement. Il recommande de se tourner vers les obligations en devises étrangères à échéance courte pour limiter l’exposition aux futures hausses des taux américains.

Enfin, «on se dirige vers une phase de consolidation du marché», commente le «Chief Investment Officier» de Fidelity International, Paras Anand. Pour 2018, il voit des opportunités dans les actions américaines, japonaises et européennes. Sur le vieux continent, le Royaume-Uni éveille son intérêt, en particulier «les entreprises qui font face au Brexit comme les banques».