LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

IMS a lancé un challenge aux CEO d’éliminer le plastique à usage unique de leur entreprise d’ici deux ans

La lutte contre le plastique fait partie des prérogatives d’IMS Luxembourg (Inspiring More Sustainability) depuis plusieurs mois déjà. L’organisation cherche à sensibiliser les entreprises à la problématique. Dossier thématique, article dans le magazine, conférence sur le sujet au mois de juin dernier, IMS a voulu aller plus loin avec une démarche globale plutôt que des événements ponctuels. C’est lors du dîner du «CEO sustainbility club», que les dirigeants ont pris conscience qu’il fallait agir. Solène Padeletti est responsable du projet sur la réduction de plastique au sein d’IMS.

Dans quelles circonstances avez-vous lancé un challenge aux entreprises pour arrêter leur consommation de plastique à usage unique?

SOLÈNE PADELETTI Nous organisons trois à quatre réunions de CEO par an, dans le cadre du «sustainability club». Cette fois, le CEO de McCain est venu pour parler, et cela a été inspirant. Tous les CEO se sont dit qu’ils devaient agir eux aussi à leur tour, à leur niveau. L’idée d’un manifeste anti plastique à usage unique est né en fin de dîner, c’était vraiment une surprise pour tout le monde. Sur les 40 CEO présents à ce dîner, 35 ont signé immédiatement, ils étaient très motivés.

En quoi consiste ce manifeste?

PADELETTI Tout d’abord il doit être signé par le CEO de la société, et ce dernier doit nommer une personne référente ainsi que mettre en place un groupe de travail dédié à cette thématique. Le manifeste engage l’entreprise à éliminer le plastique à usage unique d’ici deux ans.

Quel va être l’objectif de ce groupe de travail?

PADELETTI En premier lieu, il va falloir faire un audit au sein de l’entreprise pour évaluer sa propre consommation de plastique, connaître l’ampleur du problème. Ce n’est seulement qu’ensuite que les entreprises vont pouvoir chercher des alternatives. Gobelets, couverts, pailles, il faut savoir d’où l’on part. Certaines entreprises sont plus avancées que d’autre, et cela dépend également de l’activité qui est plus ou moins liée à la consommation de plastique. Pour les sociétés de service c’est sans doute plus facile que pour l’industrie par exemple. L’objectif est de trouver des solutions durables, mais surtout d’y réfléchir ensemble.

C’est un vrai changement de mentalité, supprimer les gobelets de la machine à café…

PADELETTI Cela va poser problème, c’est certain. Cela va nécessiter également un gros travail de sensibilisation des équipes en interne, il faut que tout le monde soit impliqué pour que cela marche. C’est la même chose par exemple avec les distributeurs de sucreries, il y a là beaucoup de plastique. Mais au delà du plastique, c’est une prise de conscience plus globale que les entreprises doivent adopter.

Comment allez-vous garder le niveau d’enthousiasme des CEO?

PADELETTI Nous voulons garder un rythme de rendez-vous pour faire état de la progression dans chaque entreprise, avec des workshop pour que chaque référent puisse échanger sur les difficultés, les bonnes pratiques etc. Nous allons éventuellement créer des sous-groupes. La première réunion a eu lieu mercredi dernier, et nous allons faire en sorte d’avoir un rythme mensuel. Certains vont avancer plus vite que d’autres, mais l’objectif est d’y arriver dans les deux ans.

Cela nécessite des changements de mentalité profonds, une remise en question sur des choses qui se font «depuis toujours». Cela va permettre à certaines entreprises de négocier de nouvelles choses avec leurs fournisseurs, de chercher des alternatives, de se poser les bonnes questions. Cela peut donner un nouveau souffle dans certains départements finalement.

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Réduction des plastiques

Alors que la quantité de déchets plastiques dans les océans et les mers ne cesse de s'accroître, la Commission européenne propose de nouvelles règles applicables dans toute l'Union européenne pour cibler les dix produits en plastique à usage unique les plus présents sur les plages et dans les mers européennes, ainsi que les engins de pêche perdus ou abandonnés. Au total, ces produits constituent 70% de tous les déchets marins. Bâtonnets de coton-tige, couverts, assiettes, pailles, bâtonnets mélangeurs pour boissons et tiges pour ballons en plastique sont notamment dans le collimateur de la Commission. Après les mesures prises en 2015 pour remédier au problème des sacs plastiques, 72% des Européens ont déclaré avoir réduit leur consommation de sacs plastiques.