VILLERUPT
CHRISTIAN SPIELMANN

Un deuxième regard sur les films du 41ème Festival du film italien de Villerupt

Ce n’est un secret pour personne: les Italiens sont très croyants. Ainsi, on retrouve le thème de la croyance sous divers aspects dans des films récents venus de la botte. Alessandro Aronadio raconte dans «Io c’è» comment Massimo (Edoardo Leo) crée une nouvelle religion, simplement pour ne pas devoir payer des impôts sur son hôtel «Miracolo Italiano». Avec l’aide de sa sœur Adriana (Margherita Buy) et de l’écrivain Marco (Giuseppe Battiston), il conçoit le culte du «Io-isme» qui a pour message que chacun est un dieu, avec la capacité de créer et de détruire. Le miracle survient quand quelques dizaines de gens de toutes les couches sociales deviennent adeptes de la nouvelle doctrine. Partiellement comique, le film fait rire, mais d’un autre côté c’est aussi une critique des cultes et de la politique italienne.

Une apparition dénuée de sens

Le ridicule touche cependant le fond dans «Troppa grazia» de Gianni Zanasi. Lucia (Alba Rohrwacher) est géomètre. Lors du mesurage d’un terrain où sa firme va construire sous peu, la Madone (Hadas Yaron) lui apparaît. Irritée, Lucia ne sait quoi faire, mais se sent mal à l’aise vis-à-vis des tricheries qu’exige son chef Paolo (Giuseppe Battiston). La sainte demande qu’on bâtisse une église à l’endroit où elle est apparue. Et on commence à se demander si une sainte n’a rien d’autre à demander qu’une église et si elle ne ferait pas mieux d’apparaître à Paolo et au reste du monde pour accroître sa popularité.

Dans «Euforia» la réalisatrice Valeria Golino raconte comment Matteo (Riccardo Scamarcio) essaie d’aider son frère Ettore (Valerio Mastandrea), qui souffre d’une tumeur incurable, en lui dissimulant la gravité de sa maladie. Alors, il lui propose d’aller à Lourdes. Mais Ettore refuse. Bizarrement, les deux se retrouvent une scène plus loin sur un bateau les amenant à Medjugorje, lieu d’apparition de la Madone en Bosnie-Herzégovine. On se gratte la tête non seulement à ce moment mais à bien d’autres dans un film qui ne réussit pas à traiter cette histoire d’une façon conséquente.

Le diable?

«The Place» de Paolo Genovese est heureusement un film à voir absolument, même si l’histoire peut déranger. Un homme (Valerio Mastandrea) est assis au café «The Place». Des gens de toute sorte viennent le voir pour qu’il leur exhausse un vœu. En contrepartie il leur demande des choses atroces, comme tuer une petite fille, poser une bombe ou violer une femme. Soudainement, certaines tâches s’enchaînent et irritent non seulement les exécuteurs mais aussi le demandeur. Est-ce le diable ou est-ce qu’il alimente seulement des monstres? Dans cet excellent film entre autres Marco Giallini, Alba Rohrwacher, Vittoria Puccini, Rocco Papaleo, Silvio Muccino et Silvia D’Amico souhaitent que leurs vœux soient exhaussés.

«Metti la nonna in freezer» de Giancarlo Fontana et Giuseppe G. Stasi est une comédie réussie sur le thème «comment garder la pension d’une grand-mère morte». Ici, Claudia (Miriam Leone) ne met pas sa grand-mère (Barbara Bouchet) morte dans le congélateur par simple avidité, mais pour sauver sa firme de restauration d’œuvres d’art et garder ses employées Rossana (Lucia Ocone) et Margie (Marina Rocco). Elle fait la connaissance de Simone (Fabio De Luigi), un inspecteur qui enquête sur les fraudes financières. Heureusement, Simone tombe amoureux de Claudia. Malheureusement, lorsqu’il doit choisir entre la loi et l’amour, il n’opte pas pour les beaux yeux de Claudia. On retient la scène mémorable de la grand-mère en vadrouille dans une chaise roulante. En voilà une comédie bien à l’italienne.

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