LUXEMBURG
ANNETTE WELSCH

Nationale Kampagne zur Sensibilisierung für Depressionen ist angelaufen

Die Depression gehört zu den häufigsten psychischen Krankheiten und ist die am meisten unterschätzte und mit Vorurteilen behaftete Erkrankung. Damit sie endlich als solche ernst genommen wird, startete gestern die nationale Sensibilisierungskampagne „Depressioun: Komm mir schwätzen driwwer“. Angelehnt ist sie an das Thema des diesjährigen Weltgesundheitstags der Weltgesundheitsorganisaton (WHO) „Depression - Let’s talk“. Genau wie die WHO verbindet Gesundheitsministerin Lydia Mutsch damit das Ziel, dass Betroffene, aber auch deren Familien, Freunde und Arbeitskollegen, Hilfe suchen und diese auch erhalten.

Depression ist eine richtige Krankheit, sie kann jeden treffen, sie hat viele Gesichter, sie ist behandelbar und einfach zuhören kann schon helfen - das sind die fünf Kernbotschaften der Kampagne, die sich über das ganze nächste Jahr zieht und als Aktion Nr. 16 im Nationalen Suizid-Plan 2015-2019 vorgesehen ist. Denn zwischen Depression und Suizidrisiko besteht eine Verbindung und vor allem bei Jugendlichen besteht Handlungsbedarf: Bei den 15- bis 30-Jährigen ist Suizid die häufigste Todesursache. „Durch unseren nationalen Suizid-Plan sind Depressionen schon ein Thema, es soll aber noch mehr darüber geredet werden“, sagte die Ministerin, als sie die Kampagne vorstellte, die zusammen mit dem „Service Information et Prévention de la Ligue“ entwickelt und durchgezogen wird.

Im Nationalen Suizid-Plan vorgesehen

Von 100 Betroffenen nehmen derzeit nur 35 Hilfe in Anspruch und es dauert meist bis zu einem Jahr bis sie sich überhaupt dazu durchringen. Dabei lässt sich eine Depression von einem temporären Stimmungstief deutlich abgrenzen, medizinisch diagnostizieren und sie lässt sich behandeln: Mit Psychotherapie und Medikamenten, die im Übrigen entgegen der weit verbreiteten Meinung nicht abhängig machen. „Keiner ist gegen Depressionen geimpft, aber es liegt in unserer Hand, etwas zu machen, sagte Mutsch.

Dr. Elisabeth Seimetz von der „Ligue“ formulierte die drei Hauptziele der Kampagne: „Wir wollen das Wissen der Bevölkerung erweitern und über Diagnose und Behandlung informieren. Wir wollen das Bewusstsein schaffen, dass es eine richtige Krankheit ist, die im schlimmsten Fall zu Suizid führt. Und wir wollen der Stigmatisierung Depressionskranker entgegenwirken. Denn durch Bemerkungen, wie dass die Leute selber schuld sind oder sich zusammenreißen sollen bewirkt man, dass Betroffene sich nicht trauen, über ihre Gefühle zu sprechen oder sich Hilfe zu holen.“

Herzstück der Kampagne ist die Webseite www.prevention-depression.lu. Dort finden Betroffene, Angehörige und Fachleute wichtige Informationen und es sind vor allem sämtliche Beratungs- und Hilfsdienste aufgelistet. Im Rahmen einer „Roadshow“ wird sich die „Ligue“ auch an das breite Publikum wenden und man wird Postkarten vorfinden, die man verschicken kann, wenn man einer depressiv wirkenden Person ein Hilfsangebot machen möchte. Denn: „Es ist eine Aufgabe der ganzen Gesellschaft, wenn es darum geht, ein Tabu zu brechen“, sagte Dr. Seimetz.

Aufmerksamkeit ist erfordert

Phänomen Depression

Trotz verstärkter Forschung sind noch nicht alle Faktoren für die Entstehung einer Depression bekannt. Hirnforscher nehmen an, dass bei Depressionen körperlicher oder seelischer Stress und eine sensible Natur zusammen kommen. Es ist wohl die „konzertierte Aktion“ vieler Ursachen, die mit der Zeit überhand nehmen und den Organismus überfordern. Das kann sich langsam aufbauen oder plötzlich und unerwartet auftreten.
Man unterscheidet zwischen leichter, mittelgradiger oder schwerer Depression. Die Diagnose findet über Symptome statt, die länger als zwei Wochen anhalten und ganz unterschiedlich sein können: Keine Freunde mehr sehen wollen und keinen Interessen mehr nachgehen wollen, keine positiven Gedanken und keine Antriebskraft mehr haben, reduzierter oder gesteigerter Appetit, Schlaflosigkeit oder vermehrter Schlaf, Rastlosigkeit oder Verlangsamung, Schuldgefühle und Gefühle von Wertlosigkeit - der Schweregrad ist unterschiedlich und reicht bis hin zu Suizidgedanken und zum völligen Erliegen des normalen Alltags.
Es kann jeden zu jedem Zeitpunkt treffen - alle Altersgruppen, Berufe und sozialen Lagen. Ganz oft kommt es zu ersten depressiven Episoden nach der Pubertät bis zum 30. Lebensjahr und dann später wieder zu Rückfällen. Bei jungen Menschen und bei älteren fällt es am wenigsten auf.

«Je pensais que la fin du monde était arrivée»

Une victime d’une dépression témoigne

Luxembourg Marie* fond en larmes lorsqu’on lui demande de décrire le moment où elle a «craqué». Car ce moment douloureux ne remonte pas encore à très longtemps. Pourtant, cette femme qui est toujours en thérapie pour l’instant pour sortir de sa dépression a accepté de témoigner de ce qui lui est arrivé. Mère seule avec deux enfants, Marie a travaillé dans la restauration, un milieu dur et stressant où il fallait «se débrouiller».

En tout cas, c’est le message qu’elle dit avoir reçu de ses supérieurs à chaque fois qu’elle signalisait un problème dans l’organisation du travail. «J’étais très active, à côté de mon travail, j’aidais dans l’entreprise là où on me le demandait», raconte-t-elle. Jusqu’au moment, où une personne dans l’équipe commence à l’aggresser physiquement. Elle demande alors une affectation sur un autre site. Refus. Mais pas de solution aux problèmes internes.

«C’est juste la fatigue, ça va passer»

«A un moment, je venais au travail la gorge serrée, avec des palpitations au coeur. C’est juste la fatigue, ça va passer, me suis-je dite», se souvient-elle. Marie retourne alors voir sa supérieure pour reparler de sa situation. Elle se fait recadrer vertement, et est renvoyée du bureau. «Là, ça a fait «click» dans ma tête. Je pensais que la fin du monde était arrivée et je ne pouvais plus arrêter de pleurer, je n’arrivais même plus à parler», raconte-t-elle.

Mais elle termine ses heures de travail. A bout, elle essaye de se reposer à la maison. «Cet épisode trottait en permanence dans ma tête, je n’arrivais plus à penser à autre chose et je me demandais toujours pourquoi cela arrivait à moi et si c’était de ma faute. Je n’arrivais pas dormir, je n’avais plus aucune énergie pour rien».

«J’ai ressenti cela comme une punition»

Elle se rend alors dans une Maison médicale, où on lui donne un calmant et lui recommande d’aller voir son médecin traitant le lendemain. Ce dernier l’envoie voir un médecin-psychiatre qui la met en arrêt de travail pour cinq semaines. Diagnostic: dépression.

«J’ai ressenti cela comme une punition», se souvient-elle, «car je voulais travailler. Mais je ne pouvais pas, c’était très, très dur». Elle reçoit des médicaments, une assistante sociale s’occupe d’elle, des copines la soutiennent, mais elle n’arrive pas à se débarasser des idées noires. Plus moyen de mener la vie bien rythmée et organisée qu’elle vivait jusqu’alors «sans jamais demander de l’aide a personne». Voilà qu’elle est forcée de demander de l’aide.

«Je me forçais de manger»

«Je me forçais de manger, je n’arrivais pas à dormir malgré la fatigue, je n’arrivais plus à faire mon ménage, je voulais juste être seule», décrit-elle sa détresse, «je pensais à aller me jeter devant un train».

Ce sont ses enfants qui lui ont redonné du courage, confie-t-elle, le souhait de leur assurer un avenir prometteur et en sécurité. Voilà que Marie recommence à penser à l’avenir, les médicaments et les les soins médico-socio-thérapeutiques à l’hôpital du jour de la Ligue d’Hygiène Mentale l’aident à reprendre confiance en elle-même. «Je me sens beaucoup mieux aujourd’hui», dit-elle. Et elle se sent aussi transformée: «J’ai appris à dire non. Pour me protéger».

Un mot de travers et les «mauvaises pensées» reviennent

Mais l’équilibre est toujours précaire. Un mot de travers et les «mauvaises pensées» reviennent. Marie continue de souffrir de troubles du sommeil et de la concentration. Elle oublie des choses, même si elle en a pris note. Ce qui lui vaut parfois des réprimandes même de la part de personnes auxquelles elle a confié sa situation. «Les personnes en dépression ont besoin d’être soutenues, d’être encouragées et pas d’être critiquées, voire attaquées pour leur souffrance», dit-elle en conclusion.

En espérant que son témoignage puisse aider d’autres personnes dans une situation semblable et que ces situations soient comprises par plus de monde.

* nom changé par la rédaction

Fakten

4,4 Prozent der Weltbevölkerung oder 322 Millionen Menschen sind weltweit betroffen

10 Prozent
mehr als noch vor zehn Jahren

23.000 Personen
sind in Luxemburg an Depressionen erkrankt

Mindestens 50 Prozent der schweren Fälle werden nicht behandelt

Depression ist der Hauptgrund für Arbeitsunfähigkeit weltweit 

Über 90 Prozent der Suizide beruhen auf einer Depression