LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Le superviseurs des assurances tiennent leur 25e séminaire au Luxembourg - L’industrie doit faire face aux mêmes challenges que la place financière

Ils étaient quelques 500 hier à être réunis pour la 25e conférence annuelle de l’«International association of insurance supervisors» (IAIS) à l’«European convention centre». L’industrie avait pour ambition de fixer le cap pour les cinq prochaines années. Une stratégie qui doit s’inscrire dans les enjeux d’aujourd’hui: lutte contre le changement climatique et digitalisation dans le cadre d’un contexte post-crise. Le ministre des Finances, Pierre Gramegna, est revenu sur le rôle de régulateur qui a suscité un débat pour les banques au niveau européen en 2013. «Nous avons dû implémenter des règles. En 2014 le Luxembourg a mis fin au secret bancaire, pour plus de transparence. Je crois que c’était la bonne approche, pour rester crédible avec une bonne réputation».

Pour le ministre, le dialogue est primordial, et le secteur a besoin de mettre l’accent sur ce qui marche, même si ce n’est pas ça qui intéresse les journalistes… «Du point de vue des superviseurs, nous avons besoin d’un dialogue pour ceux qui implémentent les règles. Vous pouvez avoir un bon service client tout en étant strict», a t-il expliqué. Le Luxembourg est lui lié à un marché transfrontalier, ce qui n’est pas le cas d’autres pays. Mais Pierre Gramegna a insisté sur le fait que le pays a choisi d’avoir un régulateur spécifique au secteur des assurances, le Commissariat aux assurances (CAA). Et le secteur a grandement besoin de prédictibilité: «Nous avons établi notre différence, dans notre capacité à l’ouverture, à la transparence, à la compliance, nous ne sommes pas contentés du minimum. Nous avons un bon cadre légal, que nous n’allons certainement pas changer pour le Brexit», a ainsi poursuivi Pierre Gramegna, qui s’est félicité qu’une douzaine de sociétés d’assurances se soient installées au Luxembourg dans la foulée du Brexit. «C’est un test grandeur nature pour voir si le Luxembourg est crédible et attractif».

L’argent public ne suffira pas

Pour le ministre, l’écosystème luxembourgeois doit se baser sur quatre piliers: la banque privée, les fonds, les assurances et la Fintech. Avec les business models qui changent radicalement face à la digitalisation de l’économie, cela aura également un impact sur les superviseurs, estime Pierre Gramegna. Mais ce n’est rien à côté de la lutte contre le changement climatique.

A partir de 2020, les états signataires des accords de Paris devront mettre 100 milliards par an sur la table, «mais c’est une goutte d’eau par rapport aux réels besoins. Et pour cela l’argent public ne suffira pas, c’est pourquoi il va falloir intégrer le secteur privé. Et le secteur de l’assurance est en première ligne car ce sont eux qui peuvent gérer de si gros chiffres. Si nous voulons mobiliser le secteur privé, il va falloir encourager les fonds de pension et d’investissements à investir dans le domaine».

Mais le ministre luxembourgeoise reste lucide. Il faudra encore beaucoup de persuasion pour que la lutte contre le changement climatique devienne une priorité du secteur: «Nous devons promouvoir que la lutte contre le changement climatique, ce n’est pas pénalisant». Après tout, le secteur des assurances a également tout intérêt à minimiser les risques que fait encourir à terme la montée des températures mondiales