LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Lux 2016 n’a même pas un an qu’ArcelorMittal dénonce déjà les conventions collectives

Souvenez-vous, c’était en mars dernier: l’accord Lux 2016 était ratifié par le gouvernement, les syndicats et ArcelorMittal. Comme son nom ne l’indique pas, ce texte devait avoir des conséquences jusqu’en 2019. Devait. Car vendredi dernier, ArcelorMittal a annoncé la mise sur pied d’une nouvelle convention collective.

Deux points de vue

Pour le géant de l’acier, «cette étape répond à la nécessité d’adapter les conventions collectives existantes à la législation sur le statut unique des employés et ouvriers.»

Mais du côté syndical, la lecture des évènements est sensiblement différente. À l’OGBL, Jean-Claude Bernardini juge «étonnant» ce retour en arrière opéré par ArcelorMittal, alors même que la convention collective est assez récente. Du côté du LCGB, le discours ne manque pas de piquant: «ArcelorMittal vient de déclarer la guerre à la paix sociale au Luxembourg». Et au syndicat de rajouter que le sidérurgiste pourrait supprimer des jours de repos, diminuer les grilles de salaires, ôter les automatismes pour les avancements de carrière et réduire certaines garanties salariales.

Lux2016, une garantie envolée?

En mars dernier, la tripartite acier s’était entendue sur Lux 2016. Ce plan prévoyait un effort de l’État de l’ordre de 60 millions d’euros par an entre 2012 et 2016. En échange de quoi, ArcelorMittal s’engageait à investir 78 millions d’euros à Differdange, et 153 millions d’euros à Belval. En outre, la question du Train 2 de Belval restait en suspend, et son sort devait être décidé en 2013, pour un investissement de 230 millions d’euros. Bref, le doute plane désormais clairement sur ces investissements, par ailleurs actés au moment de l’annonce des fermetures de Rodange et Schifflange.

Objectif: fin 2013

ArcelorMittal a déjà fixé le calendrier des négociations. Elles devraient débuter en janvier prochain et donner naissance à un accord qui entrerait alors en vigueur pour décembre 2013. Et d’ici là, «les conditions des actuelles conventions demeurent pleinement en vigueur pendant cette période», précise le groupe.

«Nous avons discuté avec les représentants syndicaux de notre personnel et avons proposé d’élaborer dans un délai d’un an une nouvelle convention qui serve au mieux les intérêts de nos employés et l’avenir d’ArcelorMittal au Luxembourg», indique le communiqué du sidérurgiste.

Et l’un de ses responsables, Nico Reuter, ajoute que le n°1 de l’acier ne tourne pas pour autant le dos au précédent accord. «La nouvelle convention sera modernisée et devra prendre en compte l’environnement économique nouveau, ainsi que les objectifs que nous avons définis dans l’accord Lux2016, afin de garantir l’avenir et la compétitivité de la sidérurgie luxembourgeoise». Le futur texte concerne l’ensemble des 6.000 employés d’ArcelorMittal au Luxembourg. Catherine Kurzawa