LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

La Fédération des artisans a livré hier sa liste de revendications au nouveau gouvernement

Formation initiale, formation continue, aménagement du temps de travail: la Fédération des artisans plaide pour plus de dialogue entre patrons et employés. Avec des entreprises en moyenne composée de treize salariés, les artisans voudraient pouvoir instaurer un dialogue social pour plus de flexibilité au cas par cas, et bénéfique aux deux parties. Le patronat milite en effet pour plus de souplesse sur le temps de travail. Pouvoir travailler plus quand la période le nécessite, et l’inverse, ceci sur toute l’année. Ce qui n’est pas prévu actuellement par le Code du travail.

«Si l’on prend par exemple un boulanger, avec les fêtes de fin d’année et Pâques, son activité est à son pic entre novembre et Pâques. Par contre le restant de l’année c’est beaucoup plus calme. Il devrait pouvoir négocier avec ses employés de plus longues périodes de repos quand l’activité est calme. Le secteur a de toute façon trop besoin de main d’œuvre, les salariés sont en position de force», estime Michel Reckinger, président de la Fédération des artisans. Le secteur du BTP fait figure d’exception: avec les congés de la profession en été, le bâtiment bénéficie de périodes hivernales d’inactivité à cause des intempéries (gel, neige). «Cela coute des millions d’euros qui pourraient être économisés ou dépensés autrement», ajoute Michel Reckinger.

Les jeunes manquent de contactavec le monde de l’entreprise

Même chose pour la formation initiale, très critiquée par la Fédération. Pour cette dernière, les jeunes manquent de contact avec le monde de l’entreprise: «Même les lycées professionnels sont trop renfermés sur eux-mêmes, alors que les élèves devraient découvrir le monde de l’entreprise à travers des stages etc pour découvrir de nouveaux métiers auxquels ils n’auraient peut-être pas pensé», explique Romain Schmit, secrétaire général de la Fédération.

La situation est ambivalente car le secteur doit faire face à un manque de main d’œuvre, dans le contexte d’un taux de chômage global bas. Quelque 7.000 annonces de l’ADEM ne sont pas pourvues, et seulement un tiers des employeurs passent par l’ADEM quand ils recherchent un poste. Le secteur de l’artisanat est particulièrement touché. «Même si nous avons besoin de travailleurs frontaliers, nous avons d’abord besoin de former nos talents localement. Il est clair que notre objectif est d’améliorer les compétences en interne ainsi que la productivité de nos salariés, tout en restant attractif», poursuit le secrétaire général. Pour rester en prise au monde du travail, la formation devrait incomber au ministère du Travail, et non au ministère de l’Education, comme c’est le cas actuellement.

Outre la flexibilité du temps de travail réclamée par les artisans, ces derniers regrettent que les congés parentaux ne se décident pas au sein de l’entreprise, au cas par cas. «Nous n’avons rien contre le congé parental, cela s’inscrit dans l’ère du temps. Par contre les entreprises doivent s’organiser, mais on ne nous laisse pas s’organiser avec les salariés. Je pense qu’on pourrait imaginer plus de flexibilité qui convient à tout le monde, or ce n’est pas le cas car la loi est trop rigide sur ce sujet», regrette Michel Reckinger.