LUXEMBOURG
ORIANE SCHOONBROODT

La place financière a son rôle à jouer pour soutenir des projets dits durables. Oriane Schoonbroodt pense qu’il y a tout à y gagner en allant vers plus d’investissements éthiques, dans un contexte de durabilité et de long terme.

«Selon Al Gore: “Le monde est au début d’un bouleversement sismique. Des indicateurs clairs démontrent que nous en sommes aux premières étapes d’une ‘révolution mondiale de la durabilité’”. Les marchés des pays développés ressentent de plus en plus l’inadéquation entre notre modèle économique actuel et nos besoins. Les divisions sociales et politiques se sont creusées plus que jamais et de larges pans de la population se sentent exclus de la société. Pendant ce temps, la crise climatique mondiale s’aggrave plus vite que la mise en œuvre de solutions. Depuis 2001, la planète a connu seize des 17 années les plus chaudes jamais enregistrées. Les phénomènes météorologiques extrêmes font maintenant figure de nouvelle norme, même s‘ils ne constituent qu’un aperçu des prévisions scientifiques.

Par ailleurs, au cours de la dernière décennie, plusieurs scandales sont venus ternir la réputation du secteur financier. L’industrie financière a failli à son rôle fiduciaire de gardien de la société. Face à ces bouleversements, des gestionnaires d’actifs, des fonds de pension, des family offices, des Bourses comme celle du Luxembourg - vraie pionnière en matière de développement durable - certains “High Net Worth Investors”, mais aussi et surtout, les Millennials prennent la voie de l’investissement éthique. Selon un sondage de Morgan Stanley, 75% des investisseurs s’intéressent au durable. La proportion monte à 86% chez les Millennials. Et 84% des propriétaires d’actifs mondiaux disent posséder déjà ou envisager des investissements ESG (environnement social gouvernance).

Avec un changement radical de génération et de contexte, le curseur des valeurs éthiques a changé. Porté par la tendance indiquant que le retour sur investissement reste égal sinon meilleur sur les produits responsables, le marché voit aujourd’hui émerger une génération vertueuse qui, quoiqu’encore minoritaire, veut agir dans le bon sens tout en sécurisant un rendement optimal. L’industrie financière a désormais un rôle important à jouer pour créer une société meilleure. Le Luxembourg peut clairement prétendre à la première marche du podium en matière de développement durable. La route reste encore longue et la révolution de la durabilité n‘en est qu’à ses débuts. Mais les signaux semblent au vert et incitent résolument à l’optimisme.»