MALIK ZENITI

Ils peuvent identifier les sources de douleurs persistantes dans les muscles et les articulations et les soulager rapidement: les ostéopathes et les kinésithérapeutes. Le remboursement de leurs prestations par la Caisse Nationale de Santé ne se fait cependant que sur prescription d’un médecin qui couvre plusieurs séances dont certaines peuvent être superflues. Pourquoi ne pas faire plus simple et moins onéreux pour le système en conférant aux assurés le droit de consulter gratuitement une à deux fois par an un ostéopathe ou un kinésithérapeute?, se demande Malik Zeniti. Il a lancé la pétition numéro 633 pour réclamer ce droit. Explications.

«Je vois dans mon entourage nombre de personnes souffrant de maux de dos et des articulations et j’observe leur soulagement prés une visite chez un ostéopathe ou un kinésithérapeute. Or, beaucoup de gens ne peuvent se permettre de débourser entre 35 et 60 euros par séance une ou deux fois par an pour améliorer leur état de santé et leur bien-être. Ce montant ne représente souvent même pas 5% de leur contribution à la Caisse de Santé, mais ils tentent de se faire prescrire ces actes et laissent tomber les consultations si cela ne fonctionne pas. Beaucoup de personnes ont la chance de ne pas avoir été malade dans leur vie ni de se faire prescrire et rembourser des cures onéreuses. A mon avis, ceux-ci devraient, dans le cadre d’un système de bonus-malus, pouvoir profiter du droit de consulter une ou deux fois par an un kinésithérapeute ou ostéopathe de leur choix pour maintenir leur bien-être et leur santé. Un droit qui finalement profitera à la Caisse de Santé. Je pense que le vieillissement de la population va créer une demande croissante des soins qui vont augmenter les coûts de santé.

L’allocation d‘une partie des contributions à une maintenance régulière du corps pourrait éviter une accumulation de jours de maladie, une évolution dommageable pour notre compétitivité. Il faut ainsi inciter davantage les citoyens à prendre des mesures pour rester en bonne santé. Dans cet état d’esprit: pourquoi ne pas exonérer fiscalement – à une hauteur raisonnable bien sûr – des dépenses pour des cours de fitness? Mais revenons à l’idée de la consultation gratuite d’un ostéopathe ou d’un kinésithérapeute: si cette possibilité est introduite, je suis certain qu’elle réduira la pratique médicale actuelle fréquente de prescrire huit séances consécutives dont certaines peuvent s’avérer être superflues.

Il y aura des économies en perspective pour le système de santé et en même temps un grand pas en avant pour inciter les citoyens à améliorer leur hygiène de vie. Je dis hygiène de vie, car selon la définition de santé fournie par l’Organisation Mondiale de la Santé, il s’agit là d’un “état de complet bien-être physique, mental et social, et pas seulement l‘absence de maladie ou d‘infirmité“. Il est évident que soulager des maux du dos, des muscles ou des articulations revient à soulager le mental aussi. C’est une réflexion holistique qui en général devrait sous-tendre tous les plans de réforme du système. J’espère que nous rassemblerons suffisamment de signatures pour pouvoir porter ce débat devant la Chambre des Députés. La pétition 633 est encore ouverte à la signature sur le site www.chd.lu jusqu’au 17 juin prochain.»