LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Le Forum de la gestion des déchets se tenait vendredi à la Chambre de commerce

Une loi de 2012 oblige les syndics à conseiller et essayer de mettre en place des moyens pour réduire les déchets et pousser au recyclage. «C’est une question de commodité, difficile à croire qu’avec toutes les entreprises dédiées, on arrive pas à recycler au sein des résidences», explique Sidney Schamburger, du GSPL. Problème, avec des conteneurs à poubelle communs, les résidents d’un immeuble n’ont pas forcément conscience du poids de leurs propres déchets, se déchargeant la faute sur le voisin. Résultat, les vidanges se multiplient et les charges avec.

La commune de Schifflange s’est attaquée au problème de front en baissant les taxes de raccordement pour les résidences qui prennent des bacs de recyclage. Plus la résidence multiplie les points de recyclage (bac à verre, déchets compostables, papier), plus la taxe baisse. «Avec l’augmentation de la population, la gestion des déchets est devenue problématique, indique Paulo Patricio, ingénieur au service technique de Schifflange. Si la population réduit ses déchets et recycle plus, c’est bénéfique pour tout le monde, car la commune revend papier et verre par exemple, des déchets qui sont valorisés».

Cette dernière incite les résidences à s’équiper de poubelles intelligentes: les résidents doivent badger pour ouvrir la poubelle et jeter leurs déchets. Ainsi, le décompte est plus facile, et les charges plus équitablement divisées. La petite start-up e-trash est l’une de ces entreprises qui ont conçu des poubelles intelligentes. Pour Bruno Teixeira, conseiller technico-commercial, les résidents ont tout à y gagner: «Les charges liées aux déchets se font en fonction des millièmes. Donc, un célibataire qui sort beaucoup est produit peu de déchets ménagers paiera plus qu’une famille avec deux enfants et plein de déchets à cause des couches, si son logement est plus grand. Ce n’est pas très juste, et cela n’incite pas à faire d’efforts».

La poubelle e-trash ne peut être ouverte qu’à l’aide du badge de chaque occupant, elle est elle-même branchée à une prise et elle aussi besoin d’une connection internet pour que l’entreprise puisse tenir un décompte un temps réel. La location d’e-trash coûte 95 euros par mois pour la petite version, 115 pour la grande. La start-up a déjà installé 75 poubelles intelligentes, depuis le lancement en juin 2017. Les taxes varient d’une commune à l’autre, mais Bruno Teixeira l’assure, les économies sont réelles. Tout d’abord parce que les occupants deviennent conscients de leur consommation et tendent plus à recycler et réduisent leurs déchets ménagers : «A Crauten nous avons remplacé pour une résidence trois containers de 1.100 litres de 600 euros par an chacun par un seul container e-trash, soit 800 euros. On s’aperçoit que petit à petit les occupants s’adaptent et changent leurs habitudes».

Sidney Schamburger aimerait également faire des économies de déchets ménagers, et donc de charges, mais un gros travail de sensibilisation est nécessaire: «On estime que les charges sont de 3 euros du mètre carré en moyenne, or les déchets ménagers représentent 15% de cette somme. La poubelle grise est la plus chère, mais elle devrait l’être encore plus pour inciter à réduire ses déchets et avoir recours au recyclage».