LUXEMBOURG/WILTZ
CATHERINE KURZAWA

La croissance de la population des ratons-laveurs est une réalité au Luxembourg

Eddy Boland a reçu un appel étonnant il y a quelques semaines d’habitants de Bissen: ils étaient face à un raton-laveur dans leur maison. S’ils ont réussi à le faire entrer dans une cage, l’animal a rapidement réussi à s’en échapper, laissant le couple dans l’embarras. Il a donc fait appel à cet entrepreneur spécialisé dans le secteur de l’hygiène avec sa société RHS. Arrivé sur les lieux, il a constaté que les propriétaires n’avaient pas lésiné sur les moyens pour éloigner l’animal de leur habitation: fils barbelés disposés autour des gouttières, clôtures électrifiées et même caméras de vidéosurveillance. «Ma mission c’est de le ré-attrapper et de le conduire au Centre de soins de Dudelange», explique au «Journal» ce Belge actif depuis 25 ans dans le métier. «Ensuite, je vais devoir trouver par où il est entré dans la maison et fermer les ouvertures. C’est la saison des jeunes et peut-être qu’il y aura aussi des jeunes», poursuit-il.

Ce n’est pas la première fois que ce garde-forestier de formation rencontre un raton-laveur. Mais bien la première fois que l’animal prend ses quartiers chez des particuliers. «Ces espèces ont une certaine faculté d’adaptation», explique-t-il. «Dans cinq à dix ans, on va être confronté de plus en plus à cela».

700 à 800 ratons-laveurs tirés chaque année

Et pour cause, la population de ratons-laveurs est croissante au Luxembourg et cette espèce invasive chamboule l’écosystème. «J’ai eu des échos que même des sangliers ont un peu peur des ratons-laveurs et les évitent», souligne Sandra Cellina, Responsable Chasse, nature et construction au Service de la nature du Ministère du Développement Durable et des Infrastructures (MDDI). Entre 700 et 800 ratons-laveurs sont tirés et rapportés chaque année par les chasseurs, sans compter ceux qui ne sont pas déclarés ou bien ceux qui sont retrouvés morts sur une route par exemple.

Du nord du pays, la population de ces mammifères à la robe grise a progressé dans l’ensemble du pays. S’il est légalement chassable au Luxembourg, le raton-laveur n’est pas capturable. A noter aussi que sa détention en captivité est strictement interdite. «S’il est capturé ou domestiqué, il peut sembler adorable», explique la responsable. «Mais il devient féroce quand il atteint l’âge de la reproduction». Les forces de polices peuvent d’ailleurs saisir l’animal le temps que son propriétaire soit traduit en justice. D’ailleurs, selon l’organisme Neobiota, plusieurs cas de ratons-laveurs domestiqués ont été rendus publics ces dernières années au Luxembourg.

neobiota.lu