METZ
JEAN-PIERRE COUR

Scy-Chazelles: Relations franco-allemandes au menu à la Maison Robert Schuman

L’Institut de la Grande Région (IGR) avait invité en fin de semaine passée le Land de Sarre, la Moselle et la Meurthe-et-Moselle à s’interroger sur les relations franco-allemandes en la Maison de Robert Schuman à Scy-Chazelles, au sud de Metz.

Série de rencontres

C’était l’épisode «1» des rencontres de l’IGR qui se poursuivront de la même manière avec la Belgique et le Luxembourg. Face à la «Frankreich Strategie» sur le bilinguisme initialement portée par l’ancienne ministre-présidente sarroise Annegret Kramp-Karrenbauer et aujourd’hui prolongée par le nouveau président du Land de Sarre, Stephan Toscani, la réponse de la Région française Grand Est semble bien modeste.

Comment mieux se rapprocher? Pour en discuter étaient présents à côté de Toscani les présidents des conseils départementaux Mathieu Klein (PS) pour la Meurthe-et-Moselle et Patrick Weiten (centre droit) pour le département de la Moselle.

Un réel pilotage politiquepour la Grande Région

Joséphine Fouquet-Bonnano, conseillère technique au cabinet du Grand-Nancy en charge des affaires européennes, expliquait, en parlant de la Grande Région transfrontalière: «Au moment où les populismes se développent de plus en plus en Europe, il est important que la Grande Région transfrontalière continue d’être un projet partagé par nos concitoyens et devienne un laboratoire mais aussi et à la fois, un exemple d’expérimentations dans cette micro-Europe qui est notre réalité de vie, de travail et d’action».

Et Stefan Toscani de renchérir: «Il faut un réel pilotage politique de notre Grande Région. Si l’Allemagne perd ses trois versants (Luxembourg, France, Belgique, ndlr), elle perd un versant économique énorme. L’apprentissage de la langue du voisin par la «Frankreich Strategie» est fondamental et 70% des Sarrois trouvent cette orientation positive. Il faut créer des ici un droit à l’expérimentation (ou «clauses d’ouvertures» en Allemagne) entre les pays qui composent la Grande Région. Les territoires doivent ici aussi jouer un rôle plus important». Patrick Weiten et Mathieu Klein étaient ici en total accord avec ce discours et le répétaient dans leurs interventions en insistant sur la nécessité du trilinguisme dès le plus jeune âge.

Mathieu Klein pointait pour sa part la vision et la gouvernance très «alsacienne» de la politique de la région Grand Est centrée sur l’Alsace.

Un déficit de visibilité

Le président de la Meurthe-et-Moselle notait par ailleurs: «Nos outils transfrontaliers sont mal connus. On a l’impression de réinventer constamment l’eau chaude! Nous attendons beaucoup de l’outil numérique qui abat les frontières mais fait perdre parfois le sens de notre proximité. Il faut accompagner et animer cette technologie. Il faut donc incarner localement l’outil numérique pour au contraire développer cette proximité».

Adapter le droit social et fiscal

Patrick Weiten, de son côté, assurait: «Je m’élève contre la croyance qui veut que le travail frontalier est néfaste pour la Lorraine. C’est le contraire! Cet état de chose profite largement aux entreprises lorraines».

Les deux élus se disaient aussi pour une adaptation du droit fiscal mais aussi social sur la Grande Région - ou tout
au moins sur des zones frontalières
spécifiques.