LEUDELANGE
CATHERINE KURZAWA

Le laboratoire d’analyses BioneXt Lab veut jouer la carte de l’innovation pour se démarquer

Un peu plus d’un an après le début de ses activités sous la bannière de BioneXt Lab, le pharmacien spécialisé en biologie médicale Jean-Luc Dourson a donné lundi rendez-vous à la presse pour faire le point sur ses activités.

Tout d’abord, ne dites plus Forges du Sud mais Picken Doheem. C’est sous cette marque que sont à présent regroupés les centres de prélèvement dont les analyses sont réalisées par BioneXt Lab.

Ensuite, évoquant «un secteur sous haute tension», l’entrepreneur a présenté sa réponse: l’innovation. Son application MyLab à destination des médecins se dote d’une nouvelle fonctionnalité: la réalisation de prescriptions médicales électroniques. «C’est une première au Luxembourg», assure Jean-Luc Dourson. Les médecins peuvent ainsi générer une ordonnance sans devoir se remémorer les 400 nomenclatures actuellement en vigueur.

Si les particuliers utilisent aussi l’application pour y consulter leurs résultats d’analyses en ligne ou de prendre rendez-vous pour un prélèvement, ils peuvent à présent utiliser les services de Doctena à travers l’outil, comme la prise de rendez-vous pour une consultation médicale.

Vaincre la peur des piqûres

Dans un autre registre, BioneXt Lab vient de lancer une réponse à la trypanophobie ou peur des aiguilles dont souffre 5 à 10% de la population en Europe. Grâce à un casque et un masque de réalité virtuelle de la start-up belge OnComfort, les patients qui le désirent sont emmenés pour un moment de détente immersif. «Cela permet de réduire jusqu’à 82% l’émotion et la peur de la piqûre», assure Jean-Luc Dourson. Le dispositif sera disponible dès octobre pour une phase pilote dans les centres de Belair, Schifflange et Heisdorf.

«On considère que cet environnement concurrentiel est une opportunité pour se positionner», assure Jean-Luc Dourson. Ce dernier a été actionnaire et dirigeant des laboratoires Ketterthill. Ecarté de la direction par le nouvel actionnaire Cerba, contre lequel une procédure judiciaire est en cours (une audience est d’ailleurs prévue fin octobre à Paris), l’intéressé entend désormais mettre en avant «une approche collaborative» avec son dernier-né, BioneXt Lab.

Investissements malgré tout

Cette société a racheté l’an dernier Les Forges du Sud, concurrent historique de Ketterthill et assure la prise en charge des activités de laboratoire ambulatoire du Centre Hospitalier Emile Mayrisch.

Actuellement, BioneXt Lab traite les prélèvements de 500 patients chaque jour ce qui représente «entre 7.000 et 8.000 analyses par jour», selon Jean-Luc Dourson. Il emploie 150 salariés et a profité de sa rencontre lundi avec les médias pour dénoncer la «haute pression tarifaire» de la biologie médicale. Entre une baisse des coefficients tarifaires et un changement de convention avec la sécurité sociale, «en quinze ans, plus de 28% des frais ont augmenté», a pointé l’entrepreneur. Mais ce contexte ne freine pas ses ardeurs: en quinze mois, sa société a injecté près d’un million d’euros dans le développement de l’application MyLab dont le nombre d’usagers précis n’est pas communiqué. «On peut dire qu’on couvre potentiellement l’ensemble des médecins» équipés d’ordinateurs, soit environ 1.500 prestataires. Enfin, Jean-Luc Dourson a investi 6.000 euros en licences pour «OnComfort», le dispositif de réalité virtuelle permettant de dépasser la peur des piqûres.


www.bionext.lu