LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Les entreprises sont de plus en plus sensibles à la responsabilité sociétale (RSE),

Les CEO ont compris qu’au-delà des mesures étatiques, les entreprises ont également leur part à jouer pour améliorer les conditions de travail, et donc de vie, des employés. Un enjeu de société que le réseau IMS a voulu mesurer auprès de ses membres. C’est donc en collaboration avec le LISER, TNS Ilres et le ministère de Travail, qu’IMS a mené pour la première fois l’enquête auprès de ses membres pour évaluer leur niveau d’engagement dans le domaine de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) et plus spécifiquement leur potentielle contribution à l’Agenda 2030 luxembourgeois.

C’est en 2017, que les entreprises membres du réseau IMS, représentant 15% de la masse salariale au Luxembourg, ont répondu à un questionnaire afin de mesurer leur niveau de maturité et leur aptitude à contribuer aux 17 Objectifs de Développement Durable. Si certains concernent des priorités déjà atteintes au Luxembourg, comme l’accès à l’eau salubre ou à une éducation de qualité, les entreprises luxembourgeoises peuvent contribuer directement avec leurs actions à d’autres objectifs comme la lutte contre le changement climatique ou la consommation ou production responsable. Sur les 110 entreprises membres du réseau IMS, 55 personnes de contact et 28 CEO ont répondu à l’enquête pour un taux de réponse de 38%.

La RSE, une opportunité avant tout

Première bonne nouvelle, 90% des CEO considèrent la RSE comme une opportunité de développement de leur entreprise. Et 47% y voient même une opportunité de répondre aux besoins du marché. Une majorité des répondants, 60%, a nommé une personne de référence RSE, mais c’est seulement dans 13% des cas que cette dernière est entièrement dédiée à cette tâche. Le rôle central des salariés est pour l’IMS un indicateur du potentiel humain pour la meilleure intégration de la RSE au sein des entreprises.

C’est le volet social qui est souvent la priorité dans les entreprises luxembourgeoises, notamment le bien-être du collaborateur, constituant l’une des préoccupations principale des répondants. 89% des entreprises répondantes à l’enquête estiment avoir pris des mesures pour le bien-être au travail: santé et sécurité (98%), équipement des locaux (93%), équilibre vie professionnelle et vie privée (90%), gestion du stress (68%), trajet entre domicile et bureau (65%) sont autant de mesures que les entreprises estiment importantes pour améliorer la qualité de vie de leurs employés.

En termes de mobilité durable, là aussi les entreprises sondées mettent en place des mesures concrètes puisque 79% instaurent des horaires flexibles, 51% proposent le mPass pour encourager l’utilisation des transports publics ainsi que des structures pour vélos. Parmi les 17 objectifs de Développement durable à objectif 2030, le 5ème consacré à l’égalité des sexes est une priorité au Luxembourg. C’est le seul qui se caractérise par une proportion de CEO le considérant comme plus important stratégiquement (pour 57%) que urgent à traiter par le pays (41%). Ils considèrent ainsi que ce sujet doit être prioritairement traité au sein des entreprises quand l’Etat a déjà mis en place un certain nombre de dispositifs incitatifs (programme Actions Positives, par exemple).

Paradoxalement, la situation du pays est loin d’être exemplaire. Elle se dégrade même, malgré les efforts affichés des dirigeants. L’index de l’égalité des genres développé par le Forum Économique Mondial a ainsi regressé ces dernières années. On observe qu’entre 2006 et 2012, le Luxembourg a considérablement amélioré son score. Mais à partir de 2012, la tendance s’est néanmoins inversée et en cinq ans, le Luxembourg a perdu 379 points de base, le classant in fine 56ème sur 144 pays en 2017. Bien loin derrière l’Islande, leader en la matière.