LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Pour ses 30 ans, KPMG Luxembourg veut montrer son engagement sociétal

Ce n’est pas un tapis rouge, mais un tapis doré qui a été dressé à l’entrée du siège de KPMG hier pour ses 30 ans de présence au Luxembourg. Quelque 400 invités ont pris part aux célébrations autour du «Managing Partner» Philippe Meyer. D’une petite société de 50 employés en 1988 à un poids lourd de la place avec 1.600 salariés 30 ans plus tard, coup d’œil sur les évolutions et perspectives du cabinet.

KPMG Luxembourg fête ses 30 ans. Quel élément a le plus marqué le développement du cabinet au Luxembourg pendant ces trois décennies?

PHILIPPE MEYER On a observé que 1988, c’est le même moment où les règles sur les fonds d’investissement ont été actées au niveau européen. Et le développement de Luxembourg sans les fonds d’investissement n’aurait pas été le même. Donc, clairement il y a une corrélation absolument évidente entre cet élément du développement du secteur financier et la croissance de cabinets comme le nôtre.

Mais votre cabinet n’est pas entièrement lié à l’industrie des fonds…

MEYER Oui mais comme tous les cabinets, une partie importante de notre activité se fait dans ce domaine-là. Dans le secteur financier, le domaine des fonds d’investissement par rapport au domaine bancaire a cru plus vite que le secteur bancaire.

Evidemment que le Luxembourg est un poids lourd européen de la banque privée, mais si on observe où Luxembourg est absolument un leader, c’est dans le domaine de l’asset management.

Qu’est-ce qui distingue KPMG des autres cabinets membres des «big four»?

MEYER En substance, on pourrait dire peu de choses. Parce que nous avons tous les mêmes règles déontologiques, les mêmes objectifs d’intérêt public, mais c’est le cœur de notre métier: nous sommes là pour donner du confort aux investisseurs sur les comptes des sociétés dans lesquelles ils investissent.

Nous avons une vision aujourd’hui qui est articulée au niveau international pour être «the clear choice». Et ça se fonde sur trois éléments: nos employés, nos clients et la confiance publique.

Et il est très clair que la confiance publique, et la confiance tout court, est l’élément essentiel. Des firmes comme les nôtres ne peuvent exister que si à la fois nos clients et le public en général ont confiance dans le type d’activités que nous conduisons.

Qu’est-ce qui distingue KPMG Luxembourg des autres marchés sur lesquels votre cabinet est présent?

MEYER KPMG Luxembourg est un centre d’excellence pour KPMG dans le domaine de l’asset management, parce que clairement c’est là que nous avons développé des compétences particulières par rapport à nos collègues d’autres pays, notamment en ce qui concerne l’aspect technologique. Nous avons développé ici un outil d’audit de fonds iNav que KPMG Australie, Irlande, etc. utilisent.

Votre cabinet a la particularité de s’adresser au grand public. L’an dernier vous aviez lancé un calculateur fiscal en ligne. Pourquoi vous intéressez-vous au grand public?

MEYER Parce que trop souvent l’image de nos firmes est d’être attachées à tous les aspects les plus négatifs du capitalisme. Nous sommes persuadés, et je le suis personnellement, que nous apportons quelque chose réellement au Luxembourg.

Il nous est important, et c’est cela la source de ce calculateur, que les gens comprennent que nous sommes aussi au service de ce qu’on appelle la communauté. Nous ne voulons pas être hors sol, mais on aime pouvoir apporter notre connaissance de manière plus large.


Vous êtes quand même une société commerciale, il est plus intéressant pour vous de générer des gros revenus via des grandes sociétés clientes que via des petits particuliers…

MEYER Ce n’est même pas le but. Le but de notre calculateur est d’offrir gratuitement un outil pour pouvoir simuler son impôt. Ça participe de ce qu’on souhaite que nos employés fassent, à savoir qu’ils voient dans leurs activités ce qui peut être utile à tout un chacun.

Comment concilier la chasse aux talents avec les attentes des jeunes diplômés de la génération Y qui privilégie sa vie privée et moins sa carrière?

MEYER Nous avons un métier qui est extraordinaire: on rentre à un niveau X et on peut découvrir tous les ans un nouveau métier, gérer des gens, gérer une équipe.

Ce n’est pas la même chose qu’accomplir une tâche seul dans son coin. Tous ces éléments répondent quelque part aux aspirations de ces générations. Maintenant, est-ce que leur attachement à une société est aussi durable que par le passé, la réponse est non.

C’est à nous de nous adapter aussi dans la gestion des ressources humaines, en allant chercher des personnes expérimentées qui profiteront de leur expérience pour venir apporter leur talent.

Un certain nombre des activités que nous faisons rencontrent les attentes de cette génération par le côté ouvert, curieux et entreprenant que d’autres métiers ne peuvent pas offrir.

Comment voyez-vous l’avenir de KPMG au Luxembourg?

MEYER Bien. Notre avenir, c’est d’être en veille permanente sur les sujets qui affectent la société en général.

Nos 30 ans, on veut les marquer parce qu’on considère qu’on a un rôle à jouer pour que la place luxembourgeoise reste attractive, où
des sociétés veulent venir et nous demander des services.

Tant que Luxembourg sera une place attractive, ça incitera les groupes à venir ici. Il y a synergie totale, symbiose entre le développement de ce pays et notre raison d’être.

Pour résumer, le niveau d’activité de nos firmes est un excellent indicateur du niveau d’activité du pays.


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