LUXEMBOURG
JULIEN JEUSETTE

Récit ou essai, fiction ou réflexion, la plume de Nathalie Quintane est acérée, la prose est engagée

En France, ça bouge», entend-on depuis quelque temps. En 2016, des milliers de manifestants occupent durant plusieurs mois la Place de la République à Paris et créent le mouvement «Nuit debout» pour inventer un monde plus juste. Au même moment, des «Zones à défendre» (ZAD) s’opposent aux projets anti-écologiques de l’État français, et il y a quelques semaines encore, des professeurs et des étudiants bloquaient les universités pour protester contre les réformes du président Macron. Ce réveil social, teinté d’un imaginaire révolutionnaire, ne laisse pas la littérature indifférente – l’œuvre récente de Nathalie Quintane en est la preuve.

Née en 1964, N. Quintane est poète, romancière et essayiste, souvent les trois en même temps. Tous ses ouvrages – on en compte déjà une vingtaine, depuis «Chaussure» en 1997 – jouent en effet sur le mélange des styles et des genres. Pour elle, esthétique et politique s’enchevêtrent: «dépasser poétiquement les bornes c’est, tout de même, dire non à un certain nombre de choses de l’époque vues comme allant de soi». En 2018 paraissent conjointement deux ouvrages: «Un Œil en moins», aux éditions P.O.L, et Ultra-Proust aux éditions La fabrique. Ces deux livres se complètent: le premier raconte une série de luttes auxquelles l’écrivaine a pris part (Nuit debout, aide aux migrants, comités de quartier) ; le second est un essai plus théorique qui envisage le rapport de la littérature au politique. Bien qu’il porte avant tout sur Proust, Baudelaire et Nerval, cet essai peut être lu comme l’art poétique de N. Quintane elle-même.

Dans «Les Années 10» (2014), un livre majeur sur l’époque contemporaine, l’écrivaine se demandait pourquoi l’extrême-gauche ne lisait plus de littérature. Dans «Ultra-Proust», elle approfondit ces questions: pourquoi la littérature n’a-t-elle pas son mot à dire dans les luttes politiques? N. Quintane accuse d’une part les écrivains contemporains qui, pour beaucoup, publient des livres mous et convenus, et d’autre part, elle critique l’école et l’université, qui imposent une conception conservatrice de la littérature. L’écrivaine parle en connaissance de cause: elle enseigne elle-même dans un lycée. Elle blâme avant tout l’idée scolaire selon laquelle le but ultime de la littérature est le style. Cette conception – l’esthétisme – désactive la puissance de l’art. Pour le dire de façon caricaturale: au lieu de saisir la radicalité sociopolitique de Baudelaire et son utilité pour notre présent, on apprend aux élèves à compter les syllabes. Chez Proust, on compte les fleurs.

À quoi sert la littérature

Dans son essai, N. Quintane veut ainsi retrouver ce qui dérange chez ces écrivains anesthésiés, appauvris par un certain pédantisme académique et par l’école. Elle nous invite à nous poser avec sérieux une question longtemps oubliée: à quoi sert la littérature? Par-delà ces réflexions fondamentales, l’intérêt du livre tient dans son ton léger, souvent drôle: l’écrivaine demande notamment un «O.O.P.», un Oubli Obligatoire de Proust durant cinquante ans. Enragée à propos de la bêtise d’un examen de poésie, elle imagine «choper cet ou cette enseignant(e)» qui l’a rédigé pour lui enfoncer la feuille «en tassant bien, jusqu’au fond de la gorge». Ainsi, la pensée n’est ni austère ni monolithique: elle naît d’un entremêlement réjouissant de formes, où le dialogue et les vers côtoient la prose, dans un langage tantôt soutenu, tantôt argotique.

«Un Œil en moins» adopte un ton similaire, mais est plus classique dans sa présentation: il s’agit d’un récit à la première personne où N. Quintane raconte les joies et les peines de ses petites révoltes. Petites, car l’écrivaine les présente sous leur aspect le plus quotidien, bien loin de tout héroïsme épique. De là vient la justesse du livre – et peut-être, son utilité politique. En ôtant une part de gravité aux luttes sociales (que le titre ne manque pourtant pas de rappeler), l’écrivaine contribue à rendre celles-ci accessibles, communes, envisageables. À cause de la pluie, ou parce que son chat est malade, elle ne va pas manifester… Tombe ainsi le cliché du rebelle vêtu de noir et encagoulé qui sacrifie sa vie à une cause. Mais lorsque finalement, l’écrivaine sort de chez elle pour se joindre à des mouvements collectifs, elle vit «l’un des plus beaux moments de [s]a vie». Ainsi la littérature peut-elle contribuer à briser l’habitude qui nous «colle» au canapé.

Pour changer la vie, il faut changer la littérature, et réciproquement. Telle est la leçon de Nathalie Quintane, et, en tant que lecteurs, enseignants, critiques, écrivains, on ne peut qu’essayer d’être à la hauteur de cette exigence.

Lesezeichen

?

Stellen Sie sich auch so viele Fragen? Fragen wie: War Shakespeare eigentlich eine Frau oder mehrere Männer? Haben die Helminger-Brüder den Vornamen getauscht? Hätte Philip Roth den Nobelpreis irgendwann doch noch bekommen? Wird Sebastian Fitzek demnächst von einem Fließbandautor mit künstlicher Intelligenz verdrängt? Und wie geht es eigentlich der Sekte von Paulo Coelho? 
Sind Bücherriecher Fetischisten? Ab wann ist ein Buch nicht mehr wohlbeleibt sondern adipös? Wird ein langweiliger Roman spannender, wenn man ihn von hinten nach vorne liest? Oder nur jede zweite Seite? Ist der Literaturunterricht eine Lesespaßbremse? Will der Autor uns sagen, was sein Text uns sagt? Und wieso ist er bloß so genervt von der Frage, woher er seine Ideen nimmt? 
Ist literarisches Schreiben nur Lügen mit ästhetischen Mitteln? Oder sind das Gute, das Schöne und das Wahre auch in der Literatur identisch? Soll ein Buch uns den Spiegel vorhalten oder entreißen? Soll es die kafkasche „Axt für das gefrorene Meer in uns“ oder ein Pflaster für die geschundene Seele sein? Uns in die Welt hinausschleudern oder aus ihr herausreißen? Kann Literatur die Welt verändern? Soll sie belehren, bewegen oder bespaßen? Und wie hoch ist der Anteil von voyeuristischen Klatschpresselesern bei Schlüsselromankäufern?
Was unterscheidet ein literaturkritisches Werturteil von einem persönlichen Geschmacksurteil? Wieso werden im Feuilleton vor allem Bücher für Kritikerkollegen und andere Kenner besprochen? Liest überhaupt noch jemand diese Rezensionen? Muss ein Literaturvermittler diskret und selbstlos sein? Oder darf er auch mal mit dem Faust auf den Tisch hauen? Schwimmen im luxemburgischen Literaturbecken nur Haifische mit faulen Zähnen? Verschlingt Jeff Schinker unter seiner Bettdecke Unterhaltungsromane? Bereiten einflussreiche Buchblogger weniger einflussreichen Berufskritikern Albträume? Und findet man im Luxemburger Kulturministerium Bücher wirklich nur unter Tischbeinen?

Haben Sie Antworten? Fragen? Wollen Sie uns schreiben? journal@journal.lu

Jérôme Jaminet
Lëtzebuerger Journal

Die Fantastischen 3

Jez Burrows: Dictionary Stories

Im Frühling 2015 schlug Jez Burrows im „New Oxford American Dictionary“ das Wort „study“ nach und stolperte über den Beispielsatz „He perched on the edge of the bed, a study in confusion and misery“ – ein kleines Stück Literatur, das sich in das Nachschlagewerk verirrt und dort niedergelassen hatte. Er blätterte weiter und fand mehr solcher Sätze, tragische, romantische, absurde, rätselhafte Sätze, begann sie zu sammeln und zu ordnen und fügte sie schließlich zu kleinen Geschichten zusammen. Die Kurzgeschichten, Dialoge, Nachrufe, Gebete und Listen in diesem Buch bestehen ausschließlich aus Beispielsätzen, die der Autor aus zwölf verschiedenen Wörterbüchern herausgeschrieben und neu kombiniert hat. Die Liste der Nachschlagewerke im Vorwort, in der Burrows ihre Spezialitäten und Vorzüge erläutert, ist ausgesprochen interessant und unterhaltsam. Um nicht „wie ein Roboter zu klingen, der versucht, Hemingway zu imitieren“, erlaubte Burrows sich minimale Veränderungen an Satzbau und Tempus, die aber niemals mehr als fünf Prozent eines Texts ausmachen durften. Außerdem sollte am Ende jeder Einzelsatz noch als Beispiel für sein Wort funktionieren. Die resultierende Kurzprosa ist hinreißend, oft erheiternd, mitunter melancholisch und selten vorhersehbar. „Dictionary Stories“ ist ein eigenwilliges Einzelstück, das jeder Bibliothek zur Ehre gereicht. VON Elisabeth Dietz

Harper Perennial, 256 Seiten, 12,99 Euro


Durs Grünbein: Das Reservoir der Träume

Es gibt Fische, die sterben, zerrt man sie ans Licht.“ Ähnlich verhält es sich mit dem Traum. Denn die Faszination, die von ihm ausgeht, liegt weniger in seiner symbolischen Bedeutung, als vielmehr in seinem eigentümlichen Erlebnischarakter, dem „ästhetischen Potenzial“ begründet. Auf dieser Grundannahme basiert Durs Grünbeins lyrischer, essayartiger Text. In fünf Abschnitten nimmt der Autor unter anderem auf Freud, Binswanger, Foucault, Pascal, Kafka, Goethe und Lewis Carroll Bezug, schildert die eigentümlichen Zeit- und Raumgesetze des Traums und stellt ihn der Wirklichkeit gegenüber. Außerdem wird er, als „assoziatives, formensprengendes“ „Modell einer Erzählung“, der Dichtung angenähert. Der Traum wie das „ungewollte Gedicht“ stellen, im Idealfall, „die Rutschbahn in den Kaninchenbau“ dar, ermöglichen „den Zugang zum Ungesagten“. Ergänzt wird das „Reservoir der Träume“ durch einen weiteren Text, die „Massive des Schlafs“, in dem der Tiefschlaf im Zentrum steht. Dieser bleibt, im Gegensatz zum Traum, ganz und gar unergründbar. Denn die Bilder und Gedanken, die uns in dieser Phase durch den Kopf gehen, bleiben nicht im Gedächtnis verankert, anders als Grünbeins wirkungsvolles, anregendes, stilistisch ansprechendes Gedicht. VON Christine Mandy

Hydre Éditions, 68 Seiten, 10 Euro


Mercedes Lauenstein: Blanca

Blanca ist fünfzehn und mit ihrer Mutter ständig unterwegs. Nichts hält sie länger als nötig an einem Ort, ein geordnetes Leben bedeutet Stillstand. Das jedenfalls ist die Überzeugung von Blancas Mutter, die den Wunsch ihrer Tochter nach Halt und Sicherheit in Spießigkeit umdeutet. Aber Blanca hat genug, klaut Geld aus dem Portemonnaie und macht sich auf den Weg zu den Freunden eines Sommers, in dem es schien, als könnten sich die Wogen ihres Lebens glätten lassen. Mercedes Lauenstein zeichnet Blanca und ihren persönlichen Roadtrip mit feinen Pinselstrichen; einfühlsam, humorvoll und kämpferisch. Während andere Geschichten dieser Art vom Ausbrechen aus engen Verhältnissen erzählen, von Ungebundenheit, tritt Blanca eine Reise ins Gewisse an. Für sie braucht die große Freiheit einen Rahmen, der Halt und Erdung verspricht. Blanca, in deren Namen sich die Hoffnung der Mutter ausdrückt, sie möge ein „unbeschriebenes Blatt“ sein und frei von den Schatten der Vergangenheit leben können, schlägt sich unter widrigen Bedingungen nach Italien durch. Am Ende steht ein Roman voller Kraft und Mitgefühl für die, die vom Weg abgekommen sind und ein Plädoyer für das Nachhausekommen. Von Sophie Weigand

Aufbau Verlag, 256 Seiten, 20 Euro
Lëtzebuerger Journal

Spickzettel

Alfred Andersch: Sansibar oder der letzte Grund

Schwarzes Cover, weißer, schon sehr vergilbter Rahmen, dann in roten Buchstaben Alfred Andersch, darunter ein weißer Punkt, dann der Titel, der das Buch zu dem machte, was es ist, Sansibar oder der letzte Grund, kann es einen besseren Titel geben, darunter Roman und schließlich Diogenes. Das Buch steht immer noch in meiner Bibliothek, einmal gelesen, nur einmal, mehr braucht es nicht, es ist noch gut in Schuss, nur halt der Geruch, es riecht wie alte Bücher riechen. Auf der ersten Seite steht mein Name in Schülerschrift, geschrieben mit einem Pelikano-Füller, Geha mochte ich nicht, genau so wenig wie Puma bei den Fußballschuhen, daneben, in der gleichen Schrift, IIID2mod. Wie alt war ich damals? Das Buch kostete 105 Franken, ein stolzer Preis, denke ich, heute wären das keine drei Euro, dafür bekommt man heutzutage kaum noch Bücher, also richtige Bücher. Mit einem Bleistift habe ich die Zahl 105 ungefähr 1.000 Mal auf diese Seite gekritzelt. So beschäftigten wir uns damals, in den Deutschstunden, um die Zeit totzuschlagen. Sonst nichts Persönliches in dem Buch, nichts ist unterstrichen, keine Bemerkungen am Rande, keine obszönen Kritzeleien auf den halbleeren Seiten, am Ende der Kapitel. Auch für die Prüfung hatte ich das Buch nicht gelesen, dafür fehlte mir damals die Zeit, keine Lust, keine Geduld, keine innere Ruhe. Das Leben raste an mir vorbei und ich sollte stillsitzen, ein Buch lesen, welch absurder Gedanke! Nur die Kapitel hatte ich nummeriert, 37 an der Zahl, warum weiß ich nicht mehr, aber ich hatte es getan. Jenes Schuljahr musste ich weder wiederholen, noch hatte ich „Nachexamen“, da bin ich mir sicher, also musste es gereicht haben, ich überlebte. Auch ohne die Lektüre des Buches schaffte ich es ein Jahr weiter. Und dann die Überraschung, als ich 25 war, Vater zweier Söhne, die Unnachgiebigkeit des Lebens schon ahnend, und dieses Buch in einer Nacht durchlas und sofort wusste: So ist es.Von Roland Meyer

Diogenes, 192 Seiten, 10 Euro