LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

La Fintech anglaise cherche des solutions post-Brexit, dont le Luxembourg

Le «Financial Times» a annoncé dans son édition du week-end que Revolut explore ses options post-Brexit, en ayant fait la demande d’une licence au Luxembourg. Information que le service de communication de Revolut a infirmé hier: «Nous envisageons de demander une licence de monnaie électronique au Luxembourg, mais nous tenons à préciser que nous n’avons pas encore déposé de demande formelle». La start-up, forte de ses quelques 2,8 millions d’utilisateurs, est la fintech en plus forte expansion au Royaume-Uni. Elle a triplé son nombre d’utilisateurs en une année. De quoi attiser les sirènes des pays européens prêts à l’accueillir dans le contexte du Brexit.

La France est d’ailleurs en pôle position d’après un article du «Sunday Times» de ce week-end qui évoque qu’Emmanuel Macron aimerait beaucoup attirer Revolut à Paris pour y installer son siège européen. Cette dernière y possède déjà un bureau, mais le siège devrait bien rester à Londres. C’est sur Twitter que la fintech a répondu: «Même si la France est notre deuxième marché, nous n’avons pas l’intention de déménager notre siège de Londres». D’aucun pourraient dire que si la fintech a besoin de se justifier, c’est que les spéculations vont bon train sur le futur de Revolut en cas de Brexit dur ou d’absence d’accord entre le Royaume-Uni et l’Union européenne.

Demande de licence bancaire au Luxembourg

Le fondateur de Revolut, Nikolay Storonsky, a déclaré au «Financial Times» que la demande de licence bancaire au Luxembourg «devrait prendre six mois, juste pour être du bon côté». Ce serait un beau coup pour le Luxembourg qui souhaite développer son écosystème de fintech, même si Revolut ne compte pas transférer de sitôt ses bureaux, et donc son personnel, hors de Londres. Revolut est donc dans une position délicate, car elle doit s’assurer de pouvoir continuer à opérer au sein de l’Union européenne, l’application n’étant accessible qu’aux résidents de l’EEA, tout en ménageant les investisseurs et la société basée à Londres.

Cette annonce est d’autant plus étrange que Revolut avait déjà fait la demande en début 2018 d’une licence bancaire en Lituanie. Les clients de Revolut devaient alors, pour alimenter leur compte, faire un virement sur un compte bancaire dont l’IBAN était situé en Lituanie. Entre-temps, les clients font désormais leurs virements (en euros) via un IBAN situé au Royaume-Uni. La Lituanie a accordé 51 licences aux sociétés fintech depuis 2016, dont 32 l’année dernière. Dix-neuf autres demandes sont à l’étude, selon sa banque centrale. Si Revolut a bien obtenu sa licence bancaire en Lituanie, donc un passeport européen, l’intérêt d’obtenir une licence au Luxembourg serait donc inutile