LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

La digitalisation des entreprises est un des chevaux de bataille du gouvernement

Au-delà des aides du ministère de l’Economie, des formations ont été mises en place pour que la transition se fasse en douceur. Certains métiers vont disparaître, mais des employés formés auront plus de chance de porter les changements nécessaires. A condition que la direction ait décidé d’influer cette transition, estime Luc Henzig, directeur de la «House of Training».

Depuis quand avez-vous pris en compte le sujet de la digitalisation dans votre offre?

LUC HENZIG Nous avons proposé une première formation e-commerce en 2015, avec le soutien de la LSC et de Luxinnovation, avant même la création de la «House of Training». Nous avions eu une centaine de participants pour une formation de 40 heures.

Depuis, le sujet est devenu essentiel, à qui vous adressez-vous?

HENZIG Ca commence avec la gestion du changement, et cela doit venir de la direction. La transformation doit se faire du haut vers le bas. Il faut identifier les besoins, mais c’est une prise de conscience qui prend du temps. Toutes les entreprises devraient en faire la demande, pourtant beaucoup d’entrepreneurs n’ont pas encore compris l’importance de la digitalisation de leur activité.

Quelles sortes de cours proposez-vous?

HENZIG Nous pouvons diviser notre offre en trois segments : la transformation digitale à destination des dirigeants. Puis tout ce qui a trait aux processus qui se prêtent à la digitalisation, c’est la remise opérationnelle. Puis enfin, l’e-commerce avec le digital marketing et les réseaux sociaux.

Nous avons aussi un partenariat avec Securitymadein.lu sur le volet de la sécurité informatique, la protection des données et toute la législation qui l’entoure.

C’est une offre en expansion, combien de cours dispensez-vous dans le domaine de la digitalisation?

HENZIG Hors outils de bureautique, nous avons une trentaine de formations. Sur les trois dernières années, cela représente 500 personnes qui ont suivi ces cours. Nous avons également une offre Fintech depuis deux ans avec une douzaine de cours, soutenue notamment par l’ABBL : blockchain, internet des objets etc. Des métiers du secteur bancaire vont disparaître, comme par exemple les «transfert agents».

La logique va être de plus en plus remplacée par des algorithmes. Il va falloir se démarquer des machines par la créativité, le design thinking, le problem solving, ce sont des thématiques qui n’ont pas encore atteint leur potentiel en terme de formation.

La digitalisation concerne combien de personnes formées? Quel est leur profil?

HENZIG Pour les 500 personnes évoquées plus haut, cela représente 20.000 inscriptions à des formations. Les initiations aux outils informatiques ont beaucoup de succès. Un programme a été mis en place par l’ADEM, Fit4Coding, pour former les jeunes chômeurs à des notions de code. Ils peuvent aussi apprendre la gestion de projet ou account manager, devenir webmaster ou encore se diriger vers la sécurité des données.

Mais nos formations s’adressent également à des cadres ou des employés qui ont pour projet de tenter l’aventure e-commerce. Avec ces formations, ils ont alors les idées plus claires pour savoir si leur projet tient la route.

Le digital, c’est seulement des outils concrets?

HENZIG Non, nous avons également mis en place des «digital humanities» qui englobent l’éthique, ainsi que les corporate responsabilities. A travers ces formations, les dirigeants doivent bien comprendre les besoins en digital de leur entreprise, et pourquoi ils le font, au-delà des problématiques du quotidien.