LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

L’immobilier professionnel affiche une santé de fer au Luxembourg, selon JLL

Avec un stock de bureaux proche des 4 millions de m², une prise en occupation supérieure à 200.000 m² et un volume d’investissement à un plus haut de dix ans, le marché immobilier professionnel a continué à performer en 2017 au Luxembourg. «Globalement, c’est une bonne année même si on fait toujours un peu les enfants gâtés», a expliqué le sourire aux lèvres le «Managing Director» de JLL Luxembourg, Romain Muller.

Il a présenté à la presse les grandes tendances du marché à la presse, vendredi matin. Au niveau des bureaux, la prise en occupation s’est tassée de 3% en un an et s’affiche à 210.500 m². «Cette année, le quartier de la gare est passé en pole position devant le Kirchberg pour la prise en occupation», a souligné la responsable du métier Agence, Angélique Sabron sur base des superficies.

Parmi les transactions majeures, citons la prise en occupation par POST de ses nouveaux bureaux de la rue Mercier, près de la gare, sur 18.000 m². Un grand acteur de l’e-commerce a pour sa part pris ses quartiers sur près de 20.000 m² répartis sur deux immeubles du Kirchberg tandis que la Banque européenne d’investissement (BEI) a emménagé dans l’immeuble Lighthouse One, voisin du nouveau siège de RTL, sur 13.800 m².

Quant au taux de vacance, il passe de 5,3% à 4,8% mais «il risque d’augmenter en 2018», a commenté la responsable. Celle-ci s’attend en effet à une hausse du stock avec la livraison de nouveaux projets cette année.

Du côté des loyers, ils se stabilisent autour de 47 euros/m²/mois/HTVA dans le centre mais descendent jusqu'à 22 euros en périphérie.

Fièvre acheteuse

«Le retail 2017 a été un bon cru au Luxembourg, au point de vue des volumes surtout», a pointé le responsable de ce métier, Thierry Debourse. La prise en occupation a été trois fois plus élevée que la moyenne des cinq dernières années, avec 48.000 m². Un phénomène boosté par l’ouverture de grandes superficies en périphérie telles que Bauhaus à Capellen (15.000 m²). Les centres commerciaux ont également pesé sur la tendance avec l’ouverture de l’Opkorn à Differdange (15.000 m²), par exemple.

Dans les rues commerçantes en revanche, la prise en occupation a fondu de 24%. «Il y a un attentisme par rapport à Royal Hamilius et la nouvelle loi sur les baux commerciaux», a commenté Thierry Debourse.

Au niveau des loyers, pas de grande variation mais toujours un grand écart entre les centres périphériques axés sur l’équipement de la maison (entre 15 euros/m²) et les grands centres commerciaux (110 euros/m²). La Grand Rue occupe toujours le haut du tableau avec 130 euros/m², soit près du double de l’avenue de la Gare (70 euros/m²).

Les Britanniques investissent

Quant au segment des investissements, il a vu le volume gonfler de 16% à 1,2 milliard d’euros en 2017, soutenu par les investisseurs Luxembourgeois qui ont pesé près d’un tiers du volume, devant les Français (30%) et les Britanniques (16%). «C’est quelque chose d’assez notable», a relevé Vincent Van Brée qui a cité les exemples d’Aviva et de M&G. Le taux de rendement atteint pour sa part un plus bas historique à 4,5%. «Il y a encore beaucoup de demande donc, on n’anticipe pas du tout qu’il remonte», a avancé Vincent Van Brée.

Enfin, JLL a abordé l’immobilier résidentiel. Si ce dernier ne représente actuellement que 5% du chiffre d’affaires de l’opérateur au Luxembourg, il ambitionne de quadrupler cette part à l’horizon 2020 selon Romain Muller.

Fort de 86 salariés, JLL Luxembourg revendique 31% de part de marché sur le segment des bureaux et 34% pour l’investissement immobilier ou «capital market».

www.jll.lu