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CATHERINE KURZAWA

Coup d’œil sur les perspectives d’investissement d’Orcadia AM

Etienne de Callataÿ est formel: «De la croissance, de l’emploi et des prix stables, c’est la plus belle des combinaisons», résume l’économiste en chef d’Orcadia asset management. Il a présenté mercredi soir ses perspectives d’investissement pour l’année à venir, une année qui s’annonce aussi positive que 2017 à en croire le Belge, qui affiche clairement son penchant pour les actions, en particulier européennes et des pays émergents. Du côté des Etats-Unis, Etienne de Callataÿ se montre plus prudent. «La réforme des impôts pourrait ne pas être aussi positive que cela», prévient-il.

Du côté des obligations, l’heure est à la sous-pondération. L’économiste en chef voit toutefois un attrait dans les obligations indexées sur l’inflation. Ces produits protègent l’investisseur des risques liés à une remontée subite de l’inflation. «C’est intéressant parce qu’on est sûr d’avoir au moins l’inflation», détaille-t-il. Et d’ajouter quelques petites recommandations pour le marché obligataire: avoir une duration plus courte que la normale, privilégier la périphérie de la zone euro et rester prudent face aux obligations «high yield» et hybrides.

Une fête qui dure

«Nous pensons que les perspectives pour les trimestres à venir sont réconfortantes», assure Etienne de Callataÿ. Pourtant, certains observateurs redoutent la fin de cette fête qui semble durer. La croissance américaine est en hausse depuis 2009, s’approchant d’un record. Quant aux investissements, leur reprise confirme le sentiment de confiance ambiant tandis que les plus grandes nations mondiales affichent toutes une croissance économique.

«Le fait que la croissance ait été de qualité est un gage de durabilité pour celle-ci», commente l’économiste en chef. Néanmoins, certaines voix s’élèvent pour dénoncer les dangers d’instabilité politique mais aussi la faible productivité. «Si nous avons une productivité faible aujourd’hui, c’est parce que nous avons moins investi dedans il y a cinq ans», rétorque le conférencier.

Selon lui, les taux d’intérêts connaissent une anomalie en Europe car ils s’écartent de la croissance nominale du PIB. «Même si une normalisation est à venir, cette normalisation sera lente», tempère Etienne de Callataÿ.

Ce dernier a également souligné un paradoxe dans ce tableau: si les prévisions sont encourageantes à bien des égards, «un certain nombre d’acteurs sont toujours tétanisés par le risque». La preuve en est: les obligations d’Etat allemande à dix ans affichent un taux proche de zéro mais pourtant, des investisseurs achètent ces titres. A l’inverse, certains optent pour des bitcoin, «c’est de la pure spéculation». Aux yeux du responsable d’Orcadia, «ce n’est pas une monnaie, c’est plus proche du timbre-poste ou de l’or». Décidément, même en période faste des contrastes demeurent sur les marchés.

Lancé à la mi-2016, Orcadia AM est né de l’impulsion de quatre anciens responsables de la Banque Degroof, Étienne de Callataÿ, Geert De Bruyne, Jacky Goossens et Patrick Keusters. Leur société de gestion patrimoniale se positionne sur le segment des investissements durables et responsables. «Sur les 18 premiers mois, les promesses ont été tenues», s’est félicité l’administrateur-délégué Geert De Bruyne.

De six salariés, la structure est passée à huit et ambitionne d’atteindre dix collaborateurs au printemps prochain. 125 millions d’euros d’actifs ont été investis dans la Sicav d’Orcadia, qui affiche un rendement de 5,5% de janvier à la mi-décembre. La société s’était engagée à sa création de verser 10% de ses bénéfices à des œuvres caritatives. «Début 2018, nous aurons le plaisir de remplir ce contrat sociétal», a annoncé mercredi soir Geert De Bruyne. CK

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