CATHERINE KURZAWA

La Grande-Région est en fête pour ses quarante ans. Mais autour du gâteau, qui va souffler les bougies? Le Luxembourg, la Lorraine, la Rhénanie-Palatinat, la Sarre, la Communauté germanophone de Belgique. Ah et aussi: la Wallonie.

Force est de constater que de tous les membres, celle-ci est sans doute la moins active. Combien de ministres ou de représentants wallons se déplacent aux manifestations officielles? La réponse peut varier, mais chaque chiffre peut généralement être qualifié de «peu». Certains pourraient parler de «je m’en-foutisme» wallon. Mais à y regarder de plus près, il serait plutôt question de zone de chalandise politique.

Car en Belgique, les sous-localismes sont légion. Et dans les communes prisées par les frontaliers Belges, les ténors politiques se font rares. Soulignons quand même le Bastognard Benoît Lutgen, mais il est déjà fort occupé à la présidence de son parti, le CDH. Résultat, peu de choses bougent alors que plus de ¾ des frontaliers wallons travaillent au Grand-Duché !

Un exemple? La ligne de train Arlon-Luxembourg connaît de nombreux problèmes: sous-capacité, retards, ennuis techniques. La faute à qui? À la SNCB. Pour aller taper du poing sur la table, il faut aller à Bruxelles. Et là-bas, répartition des budgets oblige, les zones les plus peuplées sont privilégiées et donc, certainement pas «le fin fond des Ardennes», comme on dit là-haut.

Car c’est bien le paradoxe belge: un petit pays central mais où tout semble si éloigné. Le petit poucet belge a encore beaucoup à apprendre de sa voisine la Grande-Région.