PARIS
CATHERINE KURZAWA

Bilan 2012 mi-figue mi-raisin, mais le groupe veut positiver

Voir le verre à moitié plein. Telle est la devise du quatuor à la tête de BNP Paribas. Hier matin, les dirigeants ont présenté le bilan annuel du groupe à la presse, avec un accent pour le moins positif. Car si le produit net bancaire a reculé de 7,8% sur un an (à 39 milliards d’euros) et que le résultat brut a chuté de 23% à 12,5 milliards d’euros, le groupe met plus volontiers en avant la hausse de son résultat net, de 8,3% à 6,6 milliards d’euros. «Nous résistons aux aléas conjoncturels grâce à une diversification géographique et dans notre portefeuille d’activités», souligne l’administrateur directeur général de BNP Paribas Jean-Laurent Bonnafé.

Un autre élément qui remplit le verre du groupe financier: sa solvabilité. Son ratio s’élève en effet à 9,9% soit «l’un des meilleurs au monde» puisque l’objectif fixé par Bâle 3 est de 9%, souligne le n°1 de la firme. Quant au dividende proposé, il s’élève à 1,50 euro par action et en numéraire. «C’est le niveau d’il y a trois ans mais nous sommes loin du niveau d’avant-crise», reconnaît Philippe Bordenave.

Le Luxembourg se porte bien

«Le Luxembourg est un petit marché mais extrêmement important et tout à fait satisfaisant», précise François Villeroy de Galhau. Car si les résultats annuels de la BGL ne seront présentés que le 4 avril prochain, le groupe a déjà donné quelques éléments. Pour ce qui est de l’activité de banque de détail et des entreprises (BEDEL), les encours de crédits progressent de 2,4% (à 8,3 milliards d’euros) tandis que le montant des dépôts décolle de 10,5%, à 12,2 milliards d’euros. En cause, la hausse de la demande pour les assurances-vie, précise le groupe. Quant à la division «personal investors», axée sur le conseil, la hausse des actifs et des dépôts, elle ne permet pas de faire progresser les revenus, «du fait du recul de l’activité de courtage», prudence oblige. Pour l’activité de leasing automobile, le parc automobile financé par Arval progresse timidement de 1,6%, à 689.000 véhicules. Le leasing de matériel aux entreprises, Leasing Solutions, voit ses encours chuter de 9,5% à 18,9 milliards d’euros.

Tout cela fait dire au groupe que la contribution de ses quatre activités au résultat avant impôt de la branche luxembourgeoise «est quasi stable par rapport à l’année dernière», à 794 millions d’euros. Soulignons que cela se fait après attribution d’un tiers du résultat de la Banque Privée domestique au Luxembourg au pôle Investment. Pour ce qui est des marchés domestiques, l’institution entend notamment développer de nouveaux moyens de paiement sans contact pour les particuliers. La direction parle d’une «adaptation des réseaux en fonction des attentes des clients.» Ainsi, dans les agences, l’accent devrait davantage être mis sur les conseils aux clients, et sur les technologies embarquées. De là à y voir une réduction des effectifs?

Le directeur général délégué François Villeroy de Galhau préfère parler de «gestion solidaire de l’emploi, avec, notamment, des reclassements et des formations.»

Un investissement de 1,5 milliard

Mais ce n’est pas tout: BNP Paribas regarde encore plus loin et compte présenter un plan de développement 2014-2016 en deux volets. Le premier consiste en un investissement de 1,5 milliard d’euros pour simplifier le fonctionnement du groupe et améliorer son efficacité. Le second est un ensemble de programmes différents adaptés aux métiers du groupe et aux zones géographiques, à commencer par l’Asie qui «est une priorité», soulignent les dirigeants.

BNP Paribas compte un total de 23 millions de clients dans le monde, et se positionne comme la première banque des entreprises en Europe. Au Luxembourg, en 2011, elle était n°1 des entreprises et deuxième sur le marché des particuliers. Le groupe emploie 4.000 personnes au Grand-Duché, dont 2.700 rien qu’à la BGL.