LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Le résultat net du Groupe EPT chute de 47% en 2012

C’est un bilan 2012 en demi-teinte qu’ont présenté hier après-midi les membres du directoire des P&T à la presse. Car si d’un côté le groupe se réjouit de voir son chiffre d’affaires progresser de 2,1%, son résultat après impôts a quasi fondu de moitié, à 61,4 millions d’euros. La cause de cette hémorragie est multiple.

Commençons par le métier postal, affecté par une baisse des volumes de courrier distribué, «de l’ordre de 2,7%», précise le directeur général Claude Strasser. Également touchés, les services financiers postaux voient leurs revenus baisser «d’environ 2%», la faute aux taux d’intérêts historiquement bas, avance l’opérateur dans son communiqué. Ensuite, l’exercice 2012 a été marqué par une kyrielle de dépenses, dans les frais de production, la masse salariale mais aussi l’extension du parc immobilier du Groupe EPT. Au total, l’enveloppe avoisine les 160 millions d’euros. Enfin, les produits exceptionnels sont nettement moindres qu’en 2011, où ils avaient atteints 31,1 millions d’euros contre 3,7 millions l’an passé, soit une dégringolade de 88%.

Résultat, le dividende prend également la pente ascendante, et s’élève à 23 euros, soit une baisse de 23,3%.

Le digital toujours performant

Par contre, la direction voit le verre à moitié plein en ce qui concerne les colis, qui «enregistrent une hausse appréciable malgré une forte concurrence.» Du côté des télécommunications, le groupe profite de la progression de l’internet à très haut débit, des cloud & managed services, de la télévision digitale mais aussi des activités mobiles data, qui viennent compenser la stagnation recensée sur le front de la téléphonie fixe classique. Dans le même temps, le Groupe EPT a étendu son périmètre de consolidation, et accru ses prises de participation dans bon nombre de ses filiales telles qu’Editus, Netcore et Victore Buck Services.

Évoquant la réforme de la structure
des P&T, le président du conseil d’administration Serge Allegrezza a d’ailleurs souligné que le groupe «veut investir plus loin dans l’avenir.»

Troisième employeur du pays

L’avenir, il en est aussi question dans le rapport RSE des P&T, une première dans l’histoire de l’entreprise.Elle compte notamment anticiper l’obligation d’une telle démarche au niveau européen, qui pourrait survenir suite à une proposition de directive parue en avril dernier.Le groupe souligne notamment qu’il a créé et distribué un total de 1,87 milliard d’euros de valeur en 2012.

Et avec 3.923 salariés, les P&T se positionnent au troisième rang des employeurs du pays, derrière ArcelorMittal et BGL-BNP Paribas. Mais à y regarder de plus près, la progression de 6,72% de la masse salariale est le fruit des filiales (+33,9%), et non pas de la maison-mère P&T Luxembourg, où l’emploi a même reculé de 0,38%. Néanmoins, la direction se montre confiante et souligne que «le Groupe EPT est en bonne situation financière et bien aligné pour mettre en œuvre ses ambitions et relever les défis à venir.»

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