LUXEMBOURG
MARC CROCHET

Depuis le début de cette année, une importante crise alimentaire met en péril la vie de millions d‘êtres humains dans quatre régions du Centre et de l’Est de l’Afrique ainsi que du Moyen-Orient. En Somalie, au Soudan du Sud, au Nigeria et au Yémen, des centaines de milliers de familles souffrent des conséquences de mauvaises récoltes dues à la sécheresse et aggravées par les effets de plusieurs conflits humains.

Une crise de cette ampleur appelle une intervention massive. Le Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge - composé du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), des 190 Sociétés Nationales de la Croix-Rouge ou du Croissant-Rouge et de la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge - répond aux besoins des plus vulnérables en s’appuyant sur les mandats conférés par le droit international humanitaire et en activant ses solides réseaux communautaires.

Une partie importante des populations touchées vit dans des communautés difficiles d’accès car isolées par un conflit. Elles ne sont pas ou plus couvertes par les services de leur gouvernement ou sont difficiles à atteindre pour d’autres raisons. Ces communautés sont parmi celles que le Mouvement cible en premier. Membre du Mouvement initié par le suisse Henry Dunant il y a plus de 150 ans, la Croix-Rouge luxembourgeoise est un acteur clef du secteur humanitaire luxembourgeois. Au-delà d’une multitude de programmes sanitaires, sociaux et éducatifs en faveur des habitants du Grand-Duché, elle travaille dans de nombreux contextes à travers le monde pour venir en aide aux plus vulnérables. Depuis plusieurs années, elle développe des compétences spécifiques dans le domaine de l’habitat, notamment dans la préparation aux désastres, la réponse aux urgences et la reconstruction.

Lorsqu’elle ne peut elle-même intervenir, elle soutient alors les autres membres du Mouvement tels que ses sociétés sœurs ou le Comité international de Croix-Rouge (CICR). Ce dernier, avec le soutien de l’ensemble du Mouvement, ne cesse de demander aux gouvernements d’adapter le droit international humanitaire à l‘évolution des conflits, en particulier aux méthodes et moyens modernes de faire la guerre (armes nucléaires, biologiques et chimiques, cyber guerre...) et la présence toujours croissante d’acteurs non-étatiques, de manière à fournir une protection et une assistance plus efficaces aux victimes de conflits. Aujourd’hui, tous les États sont liés par les Conventions de Genève qui garantissent la protection des blessés des forces armées, des prisonniers de guerre et des civils lors de conflits armés.

A l’occasion de la journée mondiale de l’humanitaire, il nous apparaît essentiel de rappeler l’importance et l’actualité du droit international humanitaire pour apporter une protection et une assistance plus efficaces aux victimes de conflits et assurer la protection des travailleurs humanitaires sur le terrain. Ils paient trop souvent de leur vie leur engagement humanitaire, comme cela a été le cas la semaine passée en République centrafricaine, où six volontaires de la Croix-Rouge ont été tués. Nous condamnons fermement cette attaque et appelons au respect du droit international humanitaire qui est souvent la seule protection de ceux qui risquent leur vie pour préserver celle des autres.