METZ
JEAN-PIERRE COUR

L’économie et l’emploi frontalier profitent à la Moselle

Selon un rapport de Laurent Streichen, 1er vice-président du conseil départemental de la Moselle, cette dernière connaît une situation particulièrement contrastée selon les secteurs d’activité. Ainsi, les industries, notamment l’automobile ou la chimie et le bâtiment connaissent des difficultés récurrentes à récréer de l’emploi. Ces secteurs notent une baisse d’employabilité de 5% entre 2014 et 2015.

Par contre, le travail intérimaire, signe généralement avant-coureur d’une légère reprise, a gagné 1.310 emplois en un an et le tourisme dont notamment l’hôtellerie-restauration, l’action sociale et les services bénéficient d’une dynamique positive avec un volume d’emplois à la hausse depuis 2014, soit 1.800 emplois supplémentaires.

Toutefois, l’embellie promise sur le marché du travail se fait toujours attendre puisque qu’à la fin juin 2015, le taux de chômage se situait à 10,5% en Moselle et en Lorraine, devant la moyenne nationale qui est de 10%.

Cependant, la Moselle est le seul département lorrain à ne pas voir ce taux augmenter depuis un an. Mais les ménages bénéficiaires du RSA (Revenu de Solidarité Active) restent à la hausse avec 35.595 familles concernées, soit +15,7 % depuis 2012 représentant 4.831 bénéficiaires supplémentaires en trois ans.

International et emploi frontalier

Toujours côté emploi, la Moselle voit le nombre d’emplois salariés privés diminuer légèrement de 0,5% sur l’année, soit une suppression de 1.300 emplois depuis 2014 alors qu’on dénombre 3.100 emplois frontaliers supplémentaires pour les Mosellans travaillant au Luxembourg (+3% entre juin 2014 et juin 2015). Bref, sans le Luxembourg, la baisse du nombre d’emplois serait nettement plus significative, de l’ordre de 1,7 %. Au premier semestre, le solde destruction/création d’emploi se solde par 500 postes supplémentaires. Seules exceptions, Sarrebourg et Forbach qui signe une baisse récurrente de 2 % depuis un an, cette zone ne bénéficiant pas de l’«effet frontalier» malgré la proximité de la Sarre.

Les exportations mosellanes chiffrées en 2015 à plus de 11 milliards d’euros progressent de 3,2% et tirent l’ensemble de la région Lorraine en représentant deux tiers du volume global et un redressement du solde commercial de 8,7% par rapport à 2014.

Les investissements étrangers ont représenté, en 2014, 25 projets concrétisés et 723 créations d’emplois directs. Les sociétés à capitaux étrangers contribuent à hauteur de 19% au chiffre d’affaires régional, et à plus d’un emploi sur trois pour le secteur de l’industrie.

Une région à la peine

Depuis le début de la crise de 2008, la région Alsace, Champagne-Ardenne, Lorraine affiche de moins bonnes évolutions de l’emploi ; -7,5% contre -2,6% au niveau national. La situation est particulièrement dégradée en Lorraine (-9,3%) et Champagne-Ardenne -9,4 %). L’Alsace, ainsi que la Moselle si on l’isole, affichent des replis moins importants de -4 %. Cela représente près de 110.000 destructions d’emplois sur le territoire de la nouvelle région nord-est en sept ans. La Moselle représente 18 % de ces pertes, ce qui correspond à son poids en termes démographiques. Selon Laurent Streichen:‹‹Nos interrogations visent le devenir des infrastructures d’intérêt régional ou frontalier qui ne sont pas traitées comme de véritables priorités, alors qu’elles constituent des prérequis indispensable au développement de nos territoires. Nous voulons bien sûr parler de l’A31 ou du devenir de l’aéroport Metz-Nancy-Lorraine››. Les subventions demeurant le Viagra de l’économie, le premier vice-président s’inquiète aussi de l’impossibilité pour le département de s’investir dans des programmes économiques puisque la dernière mouture de responsabilité des collectivités propulse la Région comme leader en ce domaine au détriment des départements. Il termine: ‹‹La volonté du Département doit s’exprimer à travers des propositions concrètes, affichant notre ambition pour les Mosellans et leur avenir entre autres par des partenariats transfrontaliers avec le renforcement de l’apprentissage de la langue du voisin et de la prise en compte des enjeux de mobilité propre à l’emploi frontalier››.