LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

L’UEL a pris le pouls de ses membres avec un sondage

Hier, l’Union des Entreprises Luxembourgeoises a fait sa rentrée médiatique avec la présentation d’un sondage commandé à TNS ILRES. On y apprend qu’un patron sur quatre estime que le gouvernement agit contre les entreprises. Pis, 27% des entreprises sondées considèrent que l’attitude du gouvernement actuel est plus mauvaise que celle de son prédécesseur. A noter toutefois qu’un patron sur cinq perçoit une amélioration et que globalement, près d’un patron sur deux ne tranche pas sur la question. «Ce n’est pas un résultat désastreux par rapport au gouvernement mais cela montre un sentiment qu’il ne va peut-être pas dans la bonne direction», nuance Jean-Jacques Rommes. Pour le directeur de l’UEL, une partie des entreprises «se sentent délaissées au profit des secteurs de pointe largement soutenus par l’action gouvernementale».

Et si 87% des sociétés considèrent que le dialogue social est bon chez elles, elles ne sont qu’un quart à le penser au niveau national. Plus de six dirigeants sur dix considèrent que ce dialogue social national est moyen ou mauvais. Ils attribuent majoritairement la faute aux syndicats (64%), au gouvernement (46%) et aux organisations patronales (20%). L’étude montre que la moitié des membres ignorent les idées politiques de leur instance patronales. «On doit faire des efforts de communication vis-à-vis de nos membres pour partager notre message», réagit Jean-Jacques Rommes. Le responsable s’est par ailleurs dit «surpris» des cinq objectifs à réaliser en priorité par le gouvernement citée par les répondants: ils sont, hormis l’indexation, similaires à ceux de l’UEL. Et de citer la simplification administrative (63%), la lutte contre l’absentéisme abusif (53%), la modernisation et l’organisation du temps de travail (42%), la réforme de la fonction publique (40%) et la réforme de l’éducation nationale (37%).

Des patrons pas assez sévères

Face au gouvernement, 40% des entreprises interrogées considèrent les représentants patronaux trop conciliants. Ce taux monte même à 41% face aux syndicats. «C’est un message qu’on ne peut ignorer», ajoute Jean-Jacques Rommes. Et par rapport à la crise de 2008, seules 12% des firmes évoquent un gain de compétitivité. 42% estiment par contre avoir perdu en compétitivité. Face à tous ces éléments, le n°1 de l’UEL constate que «le dialogue social au niveau national est en panne et le dialogue social au niveau des entreprise fonctionne». S’il ne donne pas de remède au mal en question, le représentant ne manque pas d’avancer que pour les syndicats, «les seuls faits économiques pris en compte sont ceux livrés pas la Chambre des Salariés. C’est une des raisons: le fait de ne pas entendre les faits qui nous amène dans cette situation.» Une explication qui annonce un automne socialement bouillonnant. En tout cas mardi soir, les résultats du sondage ont occupé une large part de la première Conférence des membres élus de l’UEL. L’organisation a réuni des représentants de l’ensemble des chambres professionnelles et des fédérations patronales du Luxembourg et son président l’a déjà annoncé: «Nous avons décidé que cela deviendrait un évènement récurrent.»


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