LUXEMBOURG
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Le Statec révise sérieusement à la baisse ses prévisions pour 2015

Le Statec révise ses prévisions de croissance de l‘économie luxembourgeoise pour 2015 de 3,3 à 2,2%: l‘information avait déjà filtré il y a quelques jours après une réunion de la commission parlementaire des finances et du budget. Hier, l‘institution a détaillé les raisons pour ce regain de pessimisme lors de la présentation de sa nouvelle Note de Conjoncture. La révision a surtout trait à la dégradation sensible de la situation économique internationale depuis le printemps.

Les indicateurs internationaux en repli

Les indicateurs conjoncturels se trouvent en repli depuis six mois environ et les organisations internationales ont revu à la baisse leurs hypothèses de croissance, en particulier concernant les économies européennes. Mardi, l‘OCDE a encore considéré l‘eurozone comme l‘«enfant à problèmes» de l’économie mondiale.

Ainsi il conviendrait de s’attendre désormais pour la zone euro à une hausse du produit intérieur brut en volume de 0,8% en 2014 et d’à peine 1% en 2015 - contre 1,7% précédemment.

Ces révisions se répercutent évidemment de manière défavorablesur les perspectives relatives aux marchés boursiers, qui sont une source de développement important du secteur financier luxembourgeois dont la progression de l‘activité est d‘ailleurs à la traîne comparé aux autres branches économiques.

Un bon premier semestre 2014

Notons au passage que le 1er semestre de l‘année en cours a été bon pour la croissance luxembourgeoise, tirée par la demande extérieure, mais aussi parce que la consommation et les investissements sont repartis au Grand-Duché.

Or, les opinions dans les enquêtes de conjoncture se sont dégradées depuis le second trimestre, l‘inflation a beaucoup ralenti - tirée vers le bas par une baisse des prix pétroliers, mais aussi un affaiblissement de la demande. Une évolution qui incite le Statec à la prudence: pour l‘année en cours, il table sur une croissance du PIB en volume de 2,9% alors que les estimations étaient jusqu‘ici au-dessus des 3%. Ensuite, si légère accélération de l‘activité au niveau européen il y aura, le Grand-Duché ne devrait guère en profiter alors que la perte d‘une partie de la TVA issue du commerce électronique devrait être palbable et alors que la hausse de la TVA de 15 à 17% prévue à partir du premier janvier prochain «coûterait» environ 0,1% du PIB. S‘y rajoute un impact négatif sur la croissance en raison du paquet de consolidation de quelque 561 millions d‘euros proposé par le gouvernement (voir encadré). En revanche, ces mesures aideront à enrayer la sérieuse détérioration des finances publiques liée à la perte d‘une partie des recettes de la TVA électronique. La hausse de la TVA ne compensera qu‘une partie (0,7%) de la détérioration prévue de 1,5% au total.

Les mesures annoncées pourraient générer un impact positif supplémentaire de 0,6% ce qui ramènerait le solde publique pratiquement à l‘équilibre. Mais le Statec met en garde qu‘il ne dispose pas, à ce stade, des moyens nécessaires pour procéder à une analyse détaillée des mesures du «paquet d‘avenir» et n‘a pas pu prendre en compte l‘impact éventuel des nouveaux risques comme les «rulings», très exposés en ce moment en raison de l‘affaire «LuxLeaks».

Pas de détente sur le front du chômage

Quant à la situation sur le marché de l‘emploi, il n‘y aurait pas de raison de s‘inquiéter outre mesure pour l‘instant, malgré une recrudescence du chômage partiel et une orientation moins dynamique du travail intérimaire. La hausse de l‘emploi intérieur devrait être de 2,1% en 2014 et se stabiliser à 2% en 2015. A noter que ces prévisions sont plus pessimistes qu‘en mai dernier.

Sur le front du chômage, pas de détente en vue, alors que le taux devrait continuer à augmenter en 2015. Les créations nettes d‘emplois, même si elles sont élevées en comparaison européenne, restent insuffisantes pour absorber l‘offre de main-d‘oeuvre. Ainsi, le taux de chômage est estimé à 7,2% pour l‘année en cours et devrait passer à 7,4% l‘an prochain. Une projection qui fait cependant abstraction des mesures comprises dans le paquet de consolidation proposé par le gouvernement.
Voici le lien direct vers la Note de Conjoncture: tinyurl.com/nd9syvt