LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

L’alliance HCNA-Cargolux fragilisée par les accords du côté allemand?

De quel côté de la Moselle les Chinois de HNCA vont-ils atterrir? Cette question a le mérite de se poser, compte-tenu de l’information diffusée la semaine dernière selon laquelle les aéroports de Hahn et de Zhengzhou auraient conclu un accord, dans le cadre des «World Cargo Airport Alliance». Assailli de questions parlementaires et d’interpellations, François Bausch a rencontré hier les délégations syndicales de l’OGBL et du LCGB avec un seul mot d’ordre: rassurer. D’ailleurs, Aloyse Kapweiler se veut plutôt confiant: «C’est une déclaration d’intention, il n’y a pas de tonnage prévu.» Le secrétaire syndical du LCGB a même ajouté qu’il pourrait s’agir d’une «propagande de Hahn pour faire de la réclame.» Il n’empêche, le syndicat a revendiqué une table ronde des secteurs de la logistique et du transport aérien autour des ministres compétents «pour éviter des rumeurs qui peuvent faire très mal.»

La prudence est de mise

L’incident serait-il déjà clos? Pas sûr, à entendre Hubert Hollerich. Le responsable syndical de l’OGBL reconnaît certes que le ministre du Développement durable et des Infrastructures a assuré qu’il n’y aurait pas d’impact au Luxembourg mais la vigilance est de mise. «Il s’agit des mêmes arguments que lorsque les Qataris étaient entrés dans l’actionnariat de Cargolux. On a déjà eu une mauvaise expérience et on ne voudrait pas revivre le même scénario», appuie-t-il. L’OGBL a profité de l’entrevue pour demander au ministre des détails quant à ce fameux «memorandum of understanding» conclu entre Hahn et Zhengzhou, sans succès. «Il y a quand même quelque chose qui a été signé», souligne Hubert Hollerich pour qui «il ne faut pas sous-estimer la situation.»

Le vol inaugural à nouveau reporté?

Clairement, quelque chose se trame d’autant que l’aéroport de Francfort Hahn est en mauvaise santé économique: «Raison de plus pour avoir de nouveaux clients et réactiver ses activités de fret pour survivre», souligne le représentant de l’OGBL. Qui plus est, la plate-forme allemande a de solides atouts, comme la possibilité de réaliser des vols de nuit. Néanmoins, il ne faut pas non plus oublier qu’un accord financier a été conclu avec Cargolux et d’ailleurs, des investissements de la Province de Henan pour 250 millions de dollars sont prévus au Findel. Il n’empêche, le vol inaugural prévu entre Luxembourg et Zhengzhou a du plomb dans l’aile, au dire d’Hubert Hollerich: «Selon nos informations, l’autorisation d’atterrissage en Chine n’est toujours pas prête, le vol 29 (mai, ndlr.) n’aura pas lieu.»

Les aides dans le viseur de Bruxelles

Et ce n’est pas la seule épée de Damoclès qui pèse au-dessus de la tête de l’aéroport de Luxembourg et des 8.000 salariés du secteur: la réforme européenne des aides publiques en faveur des aéroports et des compagnies aériennes prévoit de limiter voire de «presque interdire» les subventions étatiques aux aéroports. En outre, les lignes directrices publiées le 20 février dernier évoquent l’organisation d’un appel d’offre pour les boutiques des aéroports. Une autre épine sous le pied de Luxair, qui gère aujourd’hui les points de vente du Findel.