LUXEMBOURG
CHRISTIAN SPIELMANN

Le premier weekend du Discovery Zone Luxembourg City Film Festival

La quatrième édition du Discovery Zone Festival a débuté vendredi après-midi à la Cinémathèque de la Ville de Luxembourg avec la projection du documentaire «Is the Man Who is Tall Happy?», en présence de son réalisateur Michel Gondry («L’écume des jours»). Le film consiste en une transposition sous forme d’images animées d’une interview entre le réalisateur et le linguiste et philosophe américain Noam Chomsky. Gondry a réalisé certes un film plein d’idées originales pour illustrer les pensées de ce philosophe et activiste, mais le résultat est une œuvre lourde, didactique, avec des théories hasardeuses et compliquées, comme celle sur la position du mot «is» dans le titre du film, en somme une réflexion qui peut intéresser un linguiste, mais dont un spectateur normal peut se passer.

Amoureux d’une voix digitale

En soirée, le Festival s’est ouvert avec la projection en avant-première à Utopolis de «Her» de Spike Jonze. Dans un futur pas si éloigné, Theodore (Joaquin Phoenix) est en instance de divorce. Il se sent seul et sa vie se passe principalement au travers d’ordinateurs. Interpellé par une publicité, il ouvre un «Operating System» (OS) auprès d’une firme informatique, une sorte de conscience informatisée qui se donne le nom de Samantha (voix de Scarlett Johansson). Lentement, il ne peut plus se passer de cet OS et en tombe même amoureux. Le film part sur une idée originale et se déroule dans un univers qui sera dans quelques années tout à fait réel. Sur une durée de presque deux heures, l’histoire commence par stagner après une bonne heure de projection et l’intérêt ne reprend qu’à la fin du film. Une demi-heure de moins aurait fait du bien à cette vision du futur.

Un cinéma trop intellectuel

Samedi, tout d’abord le réalisateur Luc Dardenne («Rosetta») proposait une Masterclass à la Cinémathèque et puis l’acteur Jean-Marc Barr («Le Grand Bleu») y est venu présenter le film «Big Sur» de Michael Polish. Il y joue l’écrivain Jack Kerouac et les événements qui ont conduit à l’écriture du livre homonyme. Le film aux allures intellectuelles est surchargé de dialogues et de citations en voix-over des textes du livre.

Le canadien Xavier Dolan («J’ai tué ma mère») a réalisé avec «Tom à la ferme» un drame qui prend parfois la forme d’un film à suspens. Dolan y joue aussi le rôle de Tom qui rend visite à la famille, la mère Agathe (Lise Roy) et le frère Francis (Pierre-Yves Cardinal), de son ami décédé Guillaume. Quoique l’histoire soit bien menée, il y a quelques scènes où l’on cherche l’intérêt dans le contexte général, tout comme dans la fin plutôt décevante. Le samedi se terminait sur un film bien curieux «L’étrange couleur des larmes de ton corps» de Hélène Cattet et Bruno Forzani, une coproduction franco-belgo-luxembourgeoise avec Red Lion (producteurs Pol Cruchten et Jeanne Geiben). Réalisé d’une façon absolument originale, ce suspens - qui tourne autour de la question où est passé la femme de Dan? (Klaus Tange) - démarre fort mais à force de se répéter, il perd son intérêt. On y retrouve la danseuse Sylvia Camarda et Romain Roll (dans un rôle minuscule).