PARIS
CHRISTIAN SPIELMANN

Première française de la comédie musicale «La Belle et la Bête»

Le conte de «La Belle et la Bête» a été inventé par la romancière française Gabrielle-Suzanne Barbot de Villeneuve en 1740. Raccourcie par l’écrivain Jeanne-Marie Leprince de Beaumont, l’histoire est popularisée en 1757. Le cinéma s’en empare dès 1899, pour connaître en 1946 avec le film de Jean Cocteau sa meilleure version. En 1991, les studios Walt Disney transforment le conte en dessin animé, «The Beauty and the Beast», avec la musique d’Alan Menken. En 1994, ce film est adapté comme comédie musicale à Broadway, remporte neuf Tony Awards et reste à l’affiche jusqu’en 2007. À Paris, la version française a fêté sa première le 24 octobre au Théâtre du Mogador.

Du vent frais sur scène

L’histoire de la comédie musicale est identique à celle du film Disney. Alexandre Vidal, qui a traduit le livret original de Linda Woolverton, a raccourci certaines scènes et ajouté des anachronismes qui rehaussent l’humour. Ainsi, l’histoire de Belle (Manon Taris), la plus belle fille du village, qui aime les livres et que le simplet Gaston (Alexis Loizon) aimerait marier de suite, prend un nouveau élan sous la direction de Glenn Casale.

Le père de Belle, l’inventeur Maurice (Didier Clusel), se fait emprisonner par une Bête (Yoni Amar) qui jadis fut un prince qu’une fée a transformé en une créature hideuse à cause de son égoïsme. Belle se met à la recherche de son papa et finit par se retrouver dans le château de la Bête, avec des serveurs et serveuses transformés eux aussi, par exemple en candélabre, comme Lumière (Dan Menasche), en horloge, comme Big Ben (David Eguren), en théière, comme Mme Samovar (Léovanie Raud), en plumeau, comme Plumette (Alix Briseis), ou en commode, comme Mme de la Grande Bouche (Gabriella Zanchi). Pour eux, Belle est leur unique chance pour retrouver à nouveau leur forme humaine, à condition que leur maître tombe amoureux d’elle.

Un spectacle parfait

Pour la version musicale, les chansons originales ont été gardées et de nouveaux morceaux ont été composés par Alan Menken. Claude Rigal-Ansous a traduit les chansons du film et Nicolas Nebot les nouvelles chansons (textes originaux de Howard Ashman et Tim Rice). John MacInnis a créé une chorégraphie classique, style Broadway, qui connaît son apothéose avec la réception donnée par le personnel du château en l’honneur de Belle sur la chanson «C’est la fête» (Be Our Guest). Un autre grand moment dansé est l’ouverture «Belle», tandis que la chanson titre «Histoire éternelle - La Belle et la Bête» (Beauty and the Beast) est chantée par Mme Samovar, accompagnée par une valse lente entre la Belle et la Bête.

Les rôles secondaires dominent

Tandis que Manon Taris a parfois des difficultés à garder ou changer de rythme, dû entre autres à des rugosités dans la traduction, Yoni Amar n’a qu’a faire peur vu que son rôle prévoit deux chansons solo seulement, «Encore combien de temps» et «Apprendre à l’aimer», qui ne laissent qu’une courte impression de ses capacités vocales impeccables. Ce sont cependant les seconds rôles qui font le bonheur. Surtout Alexandre Faitrouni en Le Fou, l’homme de main de Gaston: il impressionne par ses petits gestes et ses grimaces qui font rire. En somme, tout le personnel enchanté du château est interprété par des comédiens au talent et aux belles voix. Et compte tenu de tous ces petits changements qui revitalisent le show, la version française de «La Belle et la Bête» est une grande réussite. Avec les fêtes de fin d’année qui approchent, ce spectacle se doit d’être sur la liste des souhaits de tout le monde!
Pour toutes autres informations et tickets: www.labelleetlabete.fr