Si certains voient le Grand-Duché comme un havre de paix fiscal, d’autres relativisent ce statut. C’est notamment le cas de PwC qui, dans sa dernière étude «Total Tax Contribution», passe en revue les taxes supportées et celles collectées par les entreprises au Luxembourg. En comparant avec dix autres pays où l’enquête a été menée, il s’avère que le Luxembourg est celui qui offre un taux moyen de taxation des entreprises de l’ordre de 24%, talonné par la Suisse (25,8%) mais loin devant la Belgique et ses 52,10%. «Pour quatre euros de profit, presque 1 euro va à l’État», pointe l’associée Catherine Dupont. Quant à la taxation comparée au chiffre d’affaires, le Luxembourg affiche 14% et se place quatrième ex-aequo avec l’Australie. «C’est une moyenne, cela varie en fait de 0,07% à 52%», nuance la fiscaliste. Pour elle, ce grand écart est dû aux impôts sur les personnes dans des entreprises qui emploient tantôt un grand nombre d’individus, tantôt peu au regard de leurs activités.
Chères taxes sur les personnes
En moyenne, les sociétés sont soumises à treize taxes différentes au Luxembourg, ce qui place le Grand-Duché dans une situation plutôt confortable, pays centralisé oblige. Car dans d’autres modèles, les exemples parlent d’eux-mêmes: les USA totalisent en moyenne 26 taxes, et 28 en Suisse. Il n’empêche, sur les 24% de taxation, 13,7% relèvent d’impôts sur les personnes. «Le coût de la main d’œuvre est relativement élevé au Luxembourg», commente le Tax Leader Wim Piot.
L’étude a été réalisée sur une trentaine d’entreprises basées au Luxembourg, représentant 3% de la force de travail du pays et 672 millions d’euros de taxes en 2010. Sur ce montant, 188 millions sont directement supportées par les firmes, tandis que les 2/3 restants sont collectés par l’État. Il s’agit principalement d’impôts sur les personnes, comme les cotisations sociales mais aussi d’impôts sur les profits. Et bien que cette deuxième édition de l’enquête au Luxembourg compte moins de firmes participantes, PwC assure que la représentativité du tissu économique est plus forte, avec 63% d’entreprises actives dans la finance, 20% dans l’industrie et presque 17% dans les services et commerces. La firme d’audit entend lancer une troisième édition, même si, Wim Piot l’admet, «nos sociétés sont bombardées de surveys.»
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