LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Le Luxembourg s’offre l’expertise de Jeremy Rifkin, une première pour un État

La question est simple mais sa réponse forcément complexe: quels nouveaux modèles économiques pourrait-on mettre en place au Luxembourg? Pour répondre à cela, une étude stratégique d’envergure vient d’être commandée à Jeremy Rifkin. L’économiste américain a déjà conseillé les villes de San Antonio, Rome, Monaco mais aussi la province d’Utrecht aux Pays-Bas et le Nord-Pas-de-Calais autour du développement de la troisième révolution industrielle. Ce concept repose sur les technologies de l’information et de la communication, l’énergie et les transports qui s’articuleraient dans un réseau intelligent. «Le Luxembourg est le premier pays en Europe à aller de l’avant pour créer une révolution industrielle intelligente et verte», a souligné hier l’économiste de 70 ans devant un parterre de journalistes. Il s’est dit très impatient de travailler avec le Grand-Duché pendant les dix prochains mois pour préparer la feuille de route de cette troisième révolution industrielle.

Une étude à 450.000 euros

Si l’homme est resté évasif sur le nombre précis de personnes impliquées dans la démarche, il a néanmoins fait savoir que deux équipes travailleraient de concert pour réaliser des interviews avec des représentants de la société civile, des entreprises et du gouvernement histoire de collecter un maximum de données. De là découleront des documents de travail qui devraient ensuite donner naissance à un vaste «master plan» qui devrait être présenté d’ici un peu moins d’un an. Le coût de l’opération se chiffre à 450.000 euros selon Etienne Schneider, qui précise que l’État et la Chambre de Commerce la cofinancent. «Mais ce n’est pas là l’enjeu, l’enjeu est de restructurer un nouvel environnement», a insisté le ministre de l’Économie. Selon lui, «nous sommes dans une phase de transition vers l’économie partagée». Il entend rebondir sur les initiatives prises dernièrement par le gouvernement en matière d’ICT, d’EcoInnovation et de Smart Cities. «Nous voulons une stratégie coordonnée.» De con côté, Carlo Thelen a insisté sur la dimension globale de la démarche, qui ne vise pas seulement les grandes sociétés mais aussi les PME. «C’est un projet ambitieux mais nous sommes optimistes», a fait savoir le directeur général de la Chambre de Commerce. Egalement impliqué dans l’opération, IMS Luxembourg verra trois de ses membres impliqués dans l’étude stratégique. Le réseau est connu au Luxembourg pour fédérer les organisations autour de la responsabilité sociétale des entreprises.