LUXEMBOURG
FABIEN VRIGNON

La croissance mondiale a nettement décéléré en 2019, passant de 3,6% en rythme annuel en 2018 à 3,0%, sous l’effet notamment des incertitudes internationales, telles que le Brexit, les tensions commerciales sino-américaines ou l’accroissement des risques géopolitiques. Ces différents facteurs ont pesé sur le commerce mondial, qui a enregistré en 2019 sa plus faible progression depuis la crise économique de 2009, avec une croissance proche de 1,0%.

En 2020, la croissance mondiale resterait stable (+3,0%), malgré le ralentissement des pays avancés, soutenue par la normalisation de la situation dans certaines économies émergentes, après une mauvaise année 2019. Le commerce mondial rebondirait modérément, à la faveur notamment de la détente des tensions sino-américaines. Les perspectives économiques restent conditionnées par d’importants aléas baissiers, malgré une légère diminution des risques fin 2019 (Brexit, tensions sino-américaines, etc.).

De plus, l’impact du coronavirus sur la croissance chinoise et mondiale est encore difficile à quantifier. Après avoir suspendu leur activité le 23 janvier pour les congés du Nouvel an chinois, de nombreuses entreprises et usines étaient encore fermées mi-février, au risque de paralyser les chaînes de production à travers le pays et le monde. Wuhan et la province du Hubei, placés sous quarantaine, sont en effet des centres névralgiques industriels. Les industries les plus susceptibles d’être affectées par l’épidémie sont l’automobile, l’aéronautique, la chimie, le textile, l’électronique et le tourisme. Et les pays les plus intégrés dans les chaînes de production chinoises sont Taïwan, la Corée du Sud, les Pays-Bas, la Hongrie et l’Indonésie. Outre l’offre, la demande en provenance de Chine est également contrainte par cette crise sanitaire et les pays les plus exposés à la demande de biens finis chinois sont Hong-Kong, le Japon, l’Allemagne, la Corée du Sud et les Etats-Unis.

Dans ce contexte, les politiques monétaires des principales Banques centrales resteraient largement accommodantes en 2020. Le ralentissement de l’économie américaine inciterait la Réserve fédérale à procéder à une baisse des taux directeurs. A contrario, la BCE, qui dispose de marges de manœuvre beaucoup plus faibles, profiterait du léger rebond de l’activité pour maintenir sa politique monétaire inchangée.

Ces politiques accommodantes devraient continuer à soutenir l’activité et permettent un allégement du service de la dette de l’ensemble des économies de l’Union économique et monétaire. Elles incitent toutefois à la prudence quant à leurs conséquences possibles à moyen terme. La première de toutes est l’accroissement de la dette mondiale (226% du PIB en 2018 contre 214% en 2009). Si la trajectoire de la dette publique dans les pays émergents interpelle, celle des entreprises non-financières dans certaines économies avancées suit également une trajectoire inquiétante. Aux Etats-Unis, elle a particulièrement augmenté depuis 2011 et a atteint un plus haut niveau historique de 74,5% du PIB selon le FMI. Les maux sont les mêmes dans la plupart des économies : utilisation de l’endettement pour financer des opérations de fusion-acquisition, de paiement de dividendes et de rachat d’actions. En parallèle, la part de la dette spéculative (selon les critères des agences de notation) dans les portefeuilles obligataires a eu tendance à augmenter. En conséquence, non seulement la dette totale des entreprises s’accroît, mais sa qualité se détériore. Selon le FMI, la part de la dette spéculative dans la dette totale est d’environ 50% aux Etats-Unis, et même supérieure en Espagne et au Royaume-Uni. Aux Etats-Unis, la dette à risque (celle des entreprises qui ne couvrent pas leurs charges d’intérêts par leurs revenus) représente 25% de l’encours de la dette.

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