LUXEMBOURG
FANÉLIE MEYER

La crise sanitaire du Covid-19 entraîne une ribambelle d’autres crises. Ainsi, de graves récessions économiques attendent de nombreux pays, avec des explosions de prix alimentaires à la clé. Certains pays africains sont particulièrement concernés. Le point avec Fanélie Meyer de SOS Faim, organisation qui depuis 25 ans soutient des projets durables d’autonomie alimentaire sur le continent africain.

«50 millions de personnes pourraient être en situation de crise alimentaire grave en Afrique de l’Ouest d’ici fin août. C’est la projection faite par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), qui vient d’alerter la communauté internationale. En fait, à une situation déjà très tendue dans ces pays au niveau de la sécurité alimentaire des populations s’ajoute maintenant, dans la foulée de la crise sanitaire du Covid-19, un ralentissement économique général, concomitant à la fermeture des frontières, des marchés ou des grands axes routiers. Les déséquilibres entre l’offre et la demande s’accentuent et les prix alimentaires ont commencé à flamber.

Ainsi, le prix du riz, aliment de base en Afrique de l’Ouest, a grimpé de plus de 25% depuis janvier en raison de l’arrêt temporaire d’exportations depuis l’Asie. Il faut savoir que les pays africains font partie des plus gros consommateurs mondiaux – Bénin, Sénégal et Côte d’Ivoire consomment ainsi près de 10% de la production mondiale -, mais qu’ils sont également parmi les plus grands importateurs, ce qui les rend très dépendants des variations de prix du marché.

SOS Faim oeuvre depuis 25 ans pour réduire cette dépendance et renforcer le potentiel de production alimentaire locale comme par exemple la Fédération des Unions et Coopératives des Producteurs de Riz du Niger qui compte quelque 29.000 agriculteurs actifs dans la filière riz. La FUCOPRI fournit un nombre de services comme des crédits à la production et à l’acquisition de matériel agricole, un appui à l’approvisionnement en intrants et à la commercialisation, mais encore des conseils techniques pour améliorer durablement la production. Par ailleurs, elle représente les intérêts de ses membres auprès du gouvernement.

La FUCOPRI a ainsi obtenu que les riziculteurs bénéficient de prix plus bas de l’électricité et des engrais, et a rendu possible des achats groupés et de meilleures conditions d’achat de matériels et de semences. Des facteurs qui permettent aux riziculteurs d’augmenter leur production et leurs revenus.
C’est un exemple parmi les 17 partenaires avec lesquels SOS Faim travaille actuellement pour améliorer durablement la productivité agricole dans plusieurs pays africains, et ainsi la sécurité alimentaire ainsi que l’autonomie des agriculteurs. Nos actions vont dans le sens d’un monde plus juste, plus solidaire, plus équitable et plus durable. La pandémie ralentit malheureusement l’accomplissement de ce dessein alors que des millions de personnes en Afrique doivent faire face à des incertitudes encore plus pesantes. C’est en ce moment précis qu’il faut renforcer leur soutien. Une tâche que nous ne pourrons accomplir sans l’aide de donateurs que nous remercions particulièrement en ces temps difficiles de participer à notre cause.»